Infos Togo Financement du PNPER

Le FIDA menace de suspendre, mais le gouvernement promet

Publié le lundi 10 juillet 2017, par

Le Projet National de Promotion de l’Entrepreneuriat Rural (PNPER) est en évaluation à mi-parcours depuis la lundi 26 juin dernier par une mission du Fond International de Développement Agricole (FIDA) ; institution qui a financé ledit projet. Mention médiocre ; c’est ce qu’on peut noter de la conclusion d’évaluation présentée ce lundi par la mission. Heureusement, le gouvernement a reconnu les faits et a promis mettre le paquet au risque de ne provoquer la suspension du projet par le FIDA.

Sur les six ans que doit être développe le PNPER, il est prévu de faire bénéficier à 1800 micro promoteurs d’entreprises de services financiers. Mais, la revue à mi-parcours note ou 0% de travail réalisé à cet effet. L’Etat togolais a promis investir 500 millions de francs CFA dans le compte de l’ANPGF pour soutenir les projets déjà ficelés, mais jusque-là, l’ANPGF n’a pas encore pris possession de ces fonds. Bref, pas d’anomalies ont été relevées par la mission dans le déroulement de ce projet.

« 10% de taux de décaissement à la réalisation de micro projets, contre-performance du dispositif et des mécanismes de mise en œuvre et déficience en matière de gestion de projet. Si en trois ans, c’est seulement 10% de décaissement qu’il y a eu, ce n’est pas en trois autres années qu’on aura les 90% restants » constituent la conclusion à laquelle est parvenue la mission conduite par Esther Kasalu Coffin. En l’état actuel des choses, il y a péril en la demeure.

« Conformément aux procédures du FIDA, tant le gouvernement que le FIDA reconnaissent que la mise du projet ne peut se poursuivre comme il se présente aujourd’hui. En effet, le projet est classé à risque et est par conséquent candidat à la clôture anticipée », a précisé la chef de mission du FIDA.

Toutefois, la pertinence du projet demeure comme c’était le cas au moment de sa conception. Il y a également le potentiel de création d’emploi et de revenus des MPER rurales. Quelques raisons qui ont ramené la mission de l’eau dans son vin. Les deux parties ont convenu de continuer par travailler afin de sauvegarder les investissements déjà réalisés et de soutenir l’émergence et la consolidation d’un tissu dynamique de MPER viables.

Deux délais ont été donnés au Togo afin de mettre un certain nombre de recommandations avant fin septembre 2017.

D’une part, avant le 1er août prochain, il faut procéder au recadrage en profondeur et au redimensionnement du projet ; il faut également mettre en place une équipe de spécialistes externe en appui aux MPER. D’autre part, avant le 15 août, le Togo devra procéder à l’assainissement de la gestion financière du projet et au renforcement de l’équipe de gestion fiduciaire. Bref, il faut restructurer tout le projet.

Gare au gouvernement si ces recommandations ne sont prises en compte.

« Une mission du FIDA se tiendra à Lomé en octobre 2017 pour examiner la mise en œuvre de ces recommandations pour la décision finale sur la fermeture ou la reprise de la mise en œuvre du projet sous sa forme restructurée », a alerté Esther Kasalu Coffin.

Le gouvernement répond aussitôt et rassure.

« La présentation vous a visiblement ensommeillés », a déclaré le ministre Ouro-Coura AGADAZI à la salle, quand il a pris aussitôt la parole après la présentation du compte-rendu de la mission.

« Je félicite le FIDA pour leur honnêteté dans le rapport. Mais le PNPER sera vivant par la grâce de Dieu. Je vous promets que quand vous reviendrez après trois mois, vous verrez un PNPER plus vivant », a-t-il ajouté pour rassurer.

Le but du PNPER est de contribuer à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie en milieu rural, en particulier pour les jeunes et les femmes. Il est évalué à 19,2 milliards de francs CFA. L’accord a été signé en 2014 et le projet devra prendre fin en 2020.

EYAK