Infos Togo Suspension des inscriptions dans les Universités privées pour cause d’évaluation

Le « coup d’Etat » de Prof Ihou Watéba contre les promoteurs privés de l’enseignement supérieur

Publié le vendredi 6 novembre 2020, par Gabinho

Entre Prof Majesté Nazoba Ihou Watéba et les promoteurs des établissements privés d’enseignement supérieur, l’heure est grave. Par un courrier adressé à ces derniers le 28 Octobre 2020, et dont copie est parvenue à notre rédaction, le nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, enjoint à ces promoteurs d’établissements privés de l’enseignement supérieur, de «  suspendre provisoirement toute inscription de recrutement des étudiants dans les différentes filières de formation  ». De même, pour une évaluation de l’état des lieux des établissements privés d’enseignement supérieur qui serait en cours, afin de mieux réguler le système d’organisation et le fonctionnement de ces temples de dispensation de la connaissance, il informe de la suspension de la délivrance des permis d’ouverture, des renouvellements d’agrément et d’accréditation de nouvelles filières. Aussi note-t-on dans le document en question, que la date indicative de la rentrée académique 2020-2021 sera communiquée ultérieurement.

C’est en substance, les décisions contenues dans la note du Ministre qui suscitent des interrogations dans les arcanes des établissements privés d’enseignement supérieur.

De nos informations, en prélude à une Assemblée Générale tenue ce jour, une rencontre a eu lieu entre le Ministre et les responsables du CEPES (Conseil des Etablissements Privés de l’Enseignement Supérieur) autour du contenu de cette note du 28 Octobre 2020.

D’après le rendu qui aurait été fait aux responsables des établissements privés d’enseignement supérieur membres du CEPES, par le Président du CEPES, Macy AKAKPO, et dont nous avons eu échos, il en ressort d’entrée que ces évaluations ne sont pas dans un esprit de répression mais plutôt, faire un état des lieux pour identifier les faiblesses et voir comment y apporter des corrections. Et par ailleurs, comme explications apportées pour soutenir la décision de suspension des inscriptions, il est donc avancé la question de la pandémie de la Covid-19 et aussi de l’assurance de la qualité de la formation dispensée dans le respect des normes académiques en vigueur mais également avec des enseignants de niveau acceptable pour un meilleur enseignement supérieur.

De nos recoupements près des participants à cette Assemblée Générale du CEPES, s’il était difficile pour les parties (Ministre et promoteurs des écoles et universités privées) de s’accorder au terme de cette première rencontre avec le Ministre de tutelle, le CEPES reste convaincu de ce que « l’heure est assez grave pour tout le monde » et qu’il n’y a pas de raison qu’ils ne fassent « valoir leurs arguments solides et convaincants » afin que cette décision soit rappelée.

Si les responsables des établissements privés d’enseignement supérieur unanimement n’accueillent pas favorablement une telle décision de suspension des recrutements des étudiants, prise sans les avoir consulté (du moins par le nouveau Ministre de l’Enseignement supérieur), ils ne demandent finalement au terme des échanges qu’une seule chose, « commencer les cours et se faire évaluer au cours de l’année académique », parce que, disent-ils, « ils ne sont pas contre le contrôle du gouvernement et n’ont aucunement idée d’en échapper ». Chose que le comité de Direction du CEPES assure avoir notifié au Ministre de tutelle. Mais nonobstant, pour une évaluation objective, faudrait-il un cadre de concertation préalable entre le Ministère et les audités (établissements privés d’enseignement supérieur) afin de s’assurer et de s’accorder sur les critères qui seront définis dans les Termes de Références (TdR) de l’évaluation.

Aussi la note n’a pas été précise sur la période du déroulement de l’audit en question. Toutes ces imprécisions, suscitent des interrogations au sein du CEPES. Dans ce contexte, d’aucuns estiment que l’évaluation ne pourra pas être un prétexte pour le Ministre de demander aux établissements privés d’enseignement supérieur de sursoir aux recrutements des étudiants dans les différentes filières de formation au titre de l’année académique 2020- 2021 et d’autres trouvent absurde le fait d’avoir attendu jusqu’à la veille de la rentrée pour annoncer ces mesures aux établissements privés d’enseignement supérieur.

Abordant la question liée à la gestion de la pandémie au Coronavirus et les mesures barrières à respecter pour la reprise des cours en présentiel dans ces universités privées du Togo, des avancées notables ont été déjà enregistrées au travers des discussions avec le précédent Ministre de l’Enseignement Supérieur, Prof Koffi Akpagana et ses collaborateurs, et que l’Etat étant une continuité, il suffirait donc pour le Ministre de prendre les informations à la bonne source, pour se rendre compte de ce que des dispositions ont été arrêtées pour la reprise des cours comme c’est le cas déjà dans les écoles primaires, CEG et Lycées publics et privés sans heurts, ont-ils précisé les établissements privés d’enseignement supérieur au cours de l’Assemblée Générale de ce jour. Les établissements privés d’enseignement supérieur estiment que cet argument est non-fondé pour recaler la date de la rentrée 2020-2021.

A ce niveau d’ailleurs, il nous sied de se poser une interrogation. Entre les élèves surtout du cours primaire dont certains peuvent être des enfants et les étudiants des Universités privées du Togo, lesquels sont à même de respecter au mieux les mesures barrières contre la Covid-19 ? Tout finalement peut porter à croire que la raison d’une telle suspension est ailleurs. Mais passons.

En attendant, dans la foulée, une nouvelle rencontre est prévue entre les membres du comité Directoire de ce Conseil et le Ministre Ihou Watéba et autres décideurs dans la gestion de la crise sanitaire en début de semaine prochaine, d’une part et d’autres, entre le Ministre et les membres du CEPES qui seront aussitôt après en Assemblée Générale pour trouver une issue à cette situation.
Bon à suivre !
T228