Infos Togo Construction de faux puits et rapport sélectif et non exhaustif

Le Collectif des victimes des travaux de la LCT hausse à nouveau le ton

Publié le jeudi 17 septembre 2020, par Gabinho

Qui de la Banque mondiale, de la LCT (Lomé Container Terminal), du gouvernement ou autres pour sauver les populations du littoral togolais, victimes de l’érosion côtière et qui voient impuissantes leurs habitations être englouties par la mer, qui, depuis plusieurs années avance à grand pas ? Question à 100 points.

Ces dernières, au nombre de plus de 3000 victimes recensées par le Collectif des victimes de l’érosion côtière, dirigé par Edoh Tonoudo, de Katagan à Edoh Kondi dans les profondeurs de la préfecture des Lacs, soit sur une distance de 42 kilomètres ne savent plus à quel saint se vouer et semblent des orphelins laissés pour compte aussi bien par le gouvernement togolais que par la Banque mondiale et la LCT dont les travaux de construction du 3ème Quai et d’expansion du Port Autonome de Lomé sont venus, d’après leurs accusations, donner un coup d’accélérateur à leurs souffrances dans ce combat contre l’avancée de la mer.

Une visite guidée effectuée Mercredi après-midi, à la plage de Baguida, et d’Avépozo, laisse voir un schéma macabre de maisons, lieux de cultes, avalés par les eaux, d’autres en attente des prochaines vagues qui viendraient les engloutir.

Pour ces victimes dont les porte-paroles, ayant eu vent d’un nouveau rapport qu’aurait commandité la LCT sur recommandation de la Banque mondiale et autres bailleurs de fonds qui ont financé les travaux, qui ne reconnaitrait « pas formellement que les nouveaux travaux effectués il y a quelques années au Port de Lomé, aient pu causer des dommages sur une distance d’environ 42 kilomètres sur le littoral togolais », et aussi de certaines prévisions de « construction de faux puits dans une des localités impactées précisément à Agbodrafo », il se joue un jeu de « mauvaise foi » et du « dilatoire ». Elles en veulent pour preuve, d’après des bribes d’informations reçues sur le contenu de ce rapport transmis à la LCT depuis quelques semaines, le fait que l’on ne vienne à reconnaitre que seulement les localités de Baguida et d’Agbodrafo comme ayant été impactées par ces travaux. Quid alors des localités telles que Avépozo, Agbavi, Gbodjomé, et autres dans l’emprise de ces deux lieux précités ? That is the question, diront les Anglais. Aussi absurde que cela puisse paraître, pour réparation des travaux qui seraient effectués sur le littoral et qui auraient commis des dégâts, on en vient à brandir la construction d’un établissement scolaire à Zalivé du côté de la rive Nord du Lac Togo, et une étude d’impact sur les tortues et les mangroves.

Pour ce Collectif des victimes qui « réclame une reconnaissance formelle des dégâts causés par les travaux de la LCT sur le long du littoral togolais, de vraies initiatives dont entre autres la mise sur pied des brises lames pour la protection de la côte togolaise et des dernières habitations des populations autochtones, et le dédommagement victimes dont les maisons sont déjà avalées par les eaux, suite à ces travaux de la LCT », ce rapport si son contenu venait à être confirmé comme tel « sera non exhaustif et sélectif des dégâts causés et n’irait qu’à l’encontre des recommandations de la Banque mondiale qui demandaient une étude sur 42 kilomètres et autres bailleurs ayant financés les travaux de la LCT au Port Autonome de Lomé ». Et donc, ne viendrait qu’avaliser une injustice, en foulant par la même occasion au pied les textes de la Banque mondiale qui prévoiraient des réparations pour les victimes des travaux qu’ils viendraient à financer à travers le monde. Bref, c’est l’image même de la Banque planétaire sui viendrait à être écornée.

En tout cas, en attendant et face à l’avancée de la mer, ces victimes dont le Chef du village d’Agbavi (village situé sur la côte) qui voit impuissant son palais partir dans la mer, qui ne semblent pas voir une vraie implication des autorités togolaises dans ce dossier à leurs côtés, se disent prêtes à aller jusque devant des juridictions internationales dont la Haye pour faire entendre raison à leurs interlocuteurs. Aussi, évoquent-ils la justice divine et des mannes des ancêtres pour faire leur palabre (comme le dirait les Ivoiriens).

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