Infos Togo Atakpamé / Agriculture

Le 1er syndicat des Travailleurs Agricoles du Togo porté sur les fonts baptismaux

Publié le mercredi 2 septembre 2020, par Gabinho

Soutenus par « WSM (We Social Movements) » de la Belgique et le « Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre Solidaire), soyons les forces du changement » de France, par le truchement de SADD (Solidarité et Action pour le développement Durable), les Travailleurs agricoles du Togo ont porté le 30 Août dernier, sur les fonts baptismaux leur syndicat. Ce fut à Atakpamé dans la région des plateaux.

Face à la presse au terme des travaux, les premiers responsables de ce nouveau syndicat qui vient agrandir le champ syndical au Togo, après une historique de la lutte syndicale au plan national ont dressé le cheminement qui a conduit à la mise en place du SYNATRAT (Syndicat National des Travailleurs Agricoles du Togo). Il en ressort donc que sur le chemin vers le Congrès constitutif, il a été question également entre autres, d’un atelier de renforcement de capacités des futurs membres fondateurs de ce syndicat, autour du thème « Le syndicat paysan, une réponse au défi du travail décent et le droit à la protection du monde paysan ». ceci, histoire de permettre au Coordonnateur de SADD, Yves Dossou, ainsi que les autres membres de l’encadrement technique, de mieux les outiller sur des contenus tels que « La synthèse des réalités de paysannes et paysans agricultures », « L’introduction sur le syndicat, l’action syndicale et les valeurs syndicales », « Le rôle et les différentes fonctions d’un syndicat », « Le cadre juridique qui encadre la création, le fonctionnement et la liberté syndicale au Togo et selon l’OIT » et enfin, « Les grandes lignes de la Recommandation 204 de l’OIT sur la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle ».

Des éléments qui sous-tendent la mise sur pied d’un tel syndicat dédié aux Travailleurs agricoles togolais, l’ONG SADD a relevé « les mauvaises conditions de vie et de travail. Les travailleurs agricoles, ouvriers agricoles, paysans agriculteurs, petits agriculteurs ou métayers, quelle que soit la dénomination qui leur est attribuée, occupent pour la plupart, des emplois occasionnels, travaillent dans des conditions précaires et sont dépourvus ou presque, de protection sociale. Les échanges sur les réalités de vie en termes de conditions de travail de vie et d’existence, révèlent que plusieurs milliers de ces ouvriers perçoivent des revenus qui les classent parmi les plus pauvres d’entre les pauvres des zones rurales et ne leur apportent même pas le minimum vital. Les travailleurs agricoles sont faiblement rémunérés, mais encore ils sont souvent sous-employés, ne travaillant en moyenne qu’environ entre 3 à 5 mois par an en fonction des saisons, selon la position géographique et demeurant donc oisifs pendant environ plus de la moitié de l’année, sans un revenu suffisant pour subvenir à leurs besoins d’une saison à l’autre. En cas de sécheresse ou d’anomalie climatique, leurs conditions de vie se détériorent de plus. Dans le secteur agricole où les taux d’accidents et de lésions mortelles (morsures de reptiles, piqûres d’insectes venimeux ou blessures par outils aratoires) sont nettement supérieurs à ceux d’autres secteurs, l’intoxication par les produits phytosanitaires est particulièrement fréquente et les possibilités d’indemnisation sont minimes. "Moins de 2% des paysans ou travailleurs agricoles sont effectivement protégés contre une au moins des neuf éventualités énumérées dans la convention (N° 102) de l’OIT concernant la sécurité sociale (norme minimum 1952) ». De même, il est noté que « l’exposition aux pesticides et aux produits agrochimiques cause de graves maladies professionnelles mais, difficile à déterminer en raison de l’absence d’études spécifiques mais aussi et surtout des carences des systèmes de déclaration ».

Bien en phase avec 5 des 6 recommandations de l’OIT pour leur secteur à savoir, « encourager une croissance à forte intensité de main-d’œuvre en favorisant l’investissement dans l’infrastructure de manière à créer des emplois agricoles et para-agricoles », « promouvoir la négociation collective à tous les niveaux », « améliorer les conditions de travail dans tous les domaines - transport, santé et sécurité, etc. et notamment combattre le recours à la main-d’œuvre enfantine », « promouvoir l’application effective des normes fondamentales du travail » et « assurer aux salariés agricoles les prestations de base de la sécurité sociale », le Congrès du SYNATRAT y est allé de ses propres recommandations à l’endroit du gouvernement, des Travailleurs agricoles eux même mais aussi des partenaires.
Entre autres, il s’agit de « L’accès à l’agriculture mécanisée avec accroissement des terres ;
L’accès à la protection sociale », « L’implication dans les politiques de développement national », « L’élaboration d’une convention collective sectorielle des travailleurs agricoles ;
La prise en considération des besoins intrinsèques », « la promotion et la défense des intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs agricoles », « La protection des droits », « L’appui et l’accompagnement pour le renforcement des capacités des membres du SYNATRAT », « La recherche et la conception des projets propres au SYNATRAT », « La mise en relation du SYNATRAT avec des bailleurs opérant dans le secteur agricole » et enfin, « La mise en relation du SYNATRAT avec d’autres syndicats du secteur aux niveaux régional, continental et mondial ».

Les Travailleurs du monde agricole du Togo ont aussi pris connaissance document sur « Les motivations de SADD pour la création d’un syndicat paysan des travailleurs agricoles ». De ce document, on retient que de l’avis de cette ONG, « il est indispensable de reconnaître les travailleurs agricoles en tant que groupe social qui doit être renforcé afin de lutter contre la pauvreté dans laquelle vit bon nombre d’entre eux. Le droit des travailleurs agricoles et des petits agriculteurs à l’alimentation et aux moyens d’existence durables peut seulement être atteint comme faisant partie d’une garantie plus vaste de droits sociaux et politiques. Il est également important de reconnaître le rôle que les syndicats peuvent jouer en relevant ce défi ».

T228