Infos Togo Pour refus de criminaliser l’homosexualité et la loi française sur l’éducation sexuelle en milieu scolaire

La tête du prédicateur Allyn mise à prix par ses coreligionnaires

Publié le jeudi 20 septembre 2018, par

C’est du moins ce que l’on peut croire. L’homme qui déjà est dans le viseur des radicaux de l’Eglise dont il est membre, à Agbata, localité au Sud Est de Lomé la capitale togolaise, pour avoir prêché il y a peu en faveur de l’homosexualité, en affirmant que chaque individu a le droit de disposer de son corps et de choisir sa tendance sexuelle, vient encore de mettre visiblement les pieds dans les plats.

Dans une nouvelle prêche le Vendredi 07 Septembre 2018, alors même que des pourparlers sont engagés avec les plus radicaux qui lui en veulent jusqu’à la mort, pour les avoir mis à mal vis-à-vis des autres églises de veille de la communauté chrétienne au Togo, afin de trouver une issue apaisée à la guerre ouverte, et surtout dans un pays où déjà l’homosexualité est mal vue, le prédicateur Allyn Afangnihou Amaté a visiblement fait déborder le vase en prenant fait et cause cette fois-ci pour la fameuse loi dite de l’éducation sexuelle à l’école que la France souhaite voir s’appliquer.

Alors que le monde chrétien et surtout sous les tropiques, très attentif à tout ce qui se passe dans l’ancienne métropole, a crié sur la mise en application de l’article 22 de la loi Aubry du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception, et qui insère également l’éducation à la sexualité en milieu scolaire, et donc une éducation qui pourrait être donnée également aux enfants de 5 ans, que le ministre français de l’Education, Jean-Michel Blanquer, souhaite voir se traduire dans les faits, le prédicateur a commis le crime de lèse-majesté en indiquant dans sa dernière prêche que « cette loi ne fera qu’aider les enfants à mieux connaitre la sexualité et fera d’eux des gens plus responsables et très précocement ». Et donc, que son pays « le Togo ferait mieux d’aller dans ce sens, pour éviter de ces genres de désagrément comme ceux connus au Lycée Sotouboua Ville 1 où 155 filles sont tombées enceintes au cours de l’année scolaire 2017-2018 contre 73 au CEG ville 3, de la même ville du Nord du Togo ». Il commentait ainsi des informations révélées par le journal Courrier de la République, et le site d’information générale Togotimes.info au début du mois de Septembre. Des commentaires qui sont passés mal près des fidèles et autres personnes qui ont eu vent du prêche de l’homme de Dieu au point où, ces derniers, au-devant desquels il y a ses coreligionnaires togolais qui ont promis lui faire la peau.

De menaces verbales à des menaces de mort en passant par celle physique, depuis déjà quelques jours, l’homme a finalement dû abandonner sa famille et sa maison, dans un quartier de Lomé, comme c’est déjà le cas pour nombre de Togolais dont les avis n’incriminent pas quelque tendance contraire à l’hétérosexualité. Et pour quelque destination ?

Cette question posée à une de ses connaissances et plus proche ami, ce dernier dit « l’ignorer » puisque n’ayant même plus de nouvelle depuis plusieurs jours déjà de la femme et des enfants même de cet infortuné prédicateur togolais, ainsi que de son petit frère, Allyn Afangnihou Assiongbon, qui plus tôt que sa belle-sœur et ses neveux, a dû quitter le domicile du prédicateur, à Agbata Allaglo, vu des menaces qui s’abattaient sur le domicile familial.

Allyn Afangnihou Amaté, est-il finalement plus en avance sur son temps et son pays ?
En tout cas, l’homme de Dieu n’est visiblement plus le bienvenu au Togo, sa terre natale, si jamais le pays ne se résolvait à officialiser l’homosexualité ou encore à s’inscrire dans la dynamique de cette fameuse loi Aubry sur l’éducation sexuelle des enfants en milieu scolaire.

Chose qui ne sera pas de sitôt dans la mesure où, depuis 2011, le Togo à chacun de ses passages à l’EPU (Examen Périodique Universel) du Conseil des Droits de l’ONU s’est toujours opposé à quelque reconnaissance de l’homosexualité comme un des droits fondamentaux dont doit jouir quelque togolais.
Mathias GBEGNON