Infos Togo Rentrée universitaire 2018-2019 et Revendications de meilleures conditions

La SEET donne rendez-vous aux étudiants sur le terrain de la lutte syndicale

Publié le jeudi 18 octobre 2018, par

L’année universitaire 2018-2019 ne sera pas de tout repos pour la SEET (Synergie des Elèves et Etudiants du Togo) et ses membres et le monde universitaire sur les campus de Lomé et de Kara. C’est du moins ce que promet cette synergie qui a opéré sa rentrée syndicale hier mercredi à Lomé au cours d’une rencontre avec la presse.

Au cours de cette rencontre qui a servi de cadre pour le Secrétaire général de la SEET, Basile Aménuvévé et ses camarades, de partager avec les hommes de médias autour de son rapport d’activité de l’année universitaire écoulée, il a été aussi entre autres question d’un rapport sur une rencontre internationale des organisations estudiantines sous-régionale à laquelle a pris part la SEET à Ouagadougouau Burkina Faso. Il en ressort que cette rencontre a planché sur les situations économiques, sociales, éducatives et politiques à travers le monde et sur le continent africain et sous-régional. A tout prendre, le tableau n’est pas luisant.

Au plan national, si la SEET ne refuse pas que des efforts ont été faits, il pense qu’il encore beaucoup à faire. raison pour laquelle, a indiqué M. Aménuvévé, ""rendez-vous est donné aux camarades étudiants dès le début de la nouvelle année universitaire pour faire aboutir la lutte syndicale et les revendications autrefois posées et qui sont restées jusqu’à ce jour lettre morte"".

Dans la lignes qui suivent nous vous proposons un extrait du rapport de situation surtout au plan national dressé par la SEET...

"" III- Situation Nationale
III- 1 Sur le plan économique et social
La situation est marquée par la persistance de la vie chère, et la pauvreté endémique et généralisée qui frappe de nombreux foyers. Les produits des premières nécessités sont inaccessibles aux peuples. Ces derniers sont plongés dans la famine et la misère.

Les systèmes sanitaires et éducatifs sont en ruines. De grands hôpitaux comme CHU Tokoin manquent le minimum du matérielles et des infrastructures (scanner, boque opératoire …). Les mesures d’urgence promises par le premier Ministre KLASSOU Komi Selom devant les députés en 2015 n’ont accouché qu’une souris.

‘’School Assur’’ annoncée par le gouvernement n’est que de la pure démagogie. Les cartes qui devraient permettre aux élèves de bénéficier de cette assurance n’étaient disponibles qu’en Juin 2018. Pire encore, cette carte n’est plus valable pour la rentrée 2018-2019.

La crise de l’emploi et du logement reste patente. Pour ce qui concerne l’emploi, le gouvernement togolais a prouvé son incapacité de résoudre le problème de chômage qui frappe la jeunesse togolaise. A titre illustratif, l’ors du concours récent de l’OTR et sur 321 postes disponible, l’on dénombre jusqu’a 240503 candidats. Une situation qui explique clairement le taux de chômage très élevé. Au même moment où les amis et proches des gouvernants sillonnent dans le luxe et accumulent les postes, les jeunes diplômés s’adonnent à ce métier de Zemidjan (Taxi-moto) qui les exposent à des dangers sans précédents.

Ainsi, pendant que les masses broient la misère noire, les enceins-nouveaux dirigeants du Togo avec leurs alliés se la coulent douce en se servant les mêmes privilèges voire plus ; que ceux dont bénéficiaient les enceins dignitaires du régime (renouvellement de voiture de luxe, création d’institutions budgétivores, le détournement des fonds publics, la caution de l’impunité, le gangstérisme…..)

A l’évidence, les masses se rendent de plus en plus compte que les promesses de campagne électorale de Faure Gnassimgbé n’étaient que de la pure démagogie. Toutes les mesures annoncées à coup d’éclat par les autorités ont accouché une souris. C’est pourquoi, notre peuple dont la conscience s’aiguise de plus en plus, loin de baisser la garde, exerce une véritable veille citoyenne à travers des luttes multiformes pour de meilleures conditions d’existences. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire la lutte des travailleurs de l’éducation et de la recherche, des agents de santés, des magistrats, des agriculteurs, des ouvriers, des étudiants, des commerçants,…

III-2 Sur le plan politique
La crise politique qui secoue notre pays depuis plusieurs décennies s’est approfondie de plus en plus. En effet, depuis le 19 août 2017, plusieurs villes du Togo ont connu des évènements douloureux marqués par des troubles socio-politiques. Ces affrontements politiques n’ont pas épargné le secteur éducatif et l’on a enregistré malheureusement certaines victimes parmi les élèves, les enseignants et les étudiants. La SEET encore une fois voudrait exprimer toutes ses compassions à toutes les victimes et familles de victimes.

IV- Situation de l’école togolaise
L’école togolaise traverse l’une des crises les plus déplorables de son histoire. Les grèves répétitives qui couvrent près de la moitié de l’année scolaire, les manifestations de rue des élèves qui réclament leurs éducateurs, le grand mécontentement généralisé dans les deux universités publiques de Togo (UL, UK) dû aux conditions de misère et de précarité de vie et d’études des Etudiants Togolais vivant au pays ou à l’étranger… . L’immoralité et la prostitution sans cesse croissantes dans les effectifs féminins des collèges, lycées et universités surtout publics sont les malheureuses caractéristiques de l’école Togolaise. A ces fléaux globalisés s’ajoutent des particularités propres à chaque niveau scolaire :

La préscolaire reste jusque-là hors de la portée des enfants du peuple. Cela s’explique par la privatisation du secteur de l’éducation qui fait que l’écrasante majorité des maternelles appartiennent au privé. Conséquence, les frais de scolarité exorbitants ne permettent pas qu’elles soient accessibles aux enfants du peuple.

Au primaire et au secondaire la crise est également perceptible. En effet, la gratuité et l’obligation scolaire jusqu’à l’âge de 15 ans reconnue par l’article 35 de la constitution togolaise et l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme n’est pas encore une réalité au Togo. Bien que le gouvernement a renduit gratuite l’école primaire, les parents sont encore obligés de payer les frais parallèles, payer les frais de banc…. . Pire encore, les frais d’inscription aux examens s’augmentent chaque année.

L’Etat, s’étant désengagé également au primaire et secondaire, le problème d’infrastructure, d’insuffisance d’enseignants est criant malgré les discours démagogiques prononcés par le gouvernement. Les élèves sont jusqu’à 120 et plus dans une salle de classe soit plus de 5 fois de l’effectif recommandé par l’UNESCO. Les aides scolaires n’existent plus au Togo comme dans les autre pays de la sous-région. Ainsi, à ces problèmes s’ajoutent des grèves répétitives des enseignants depuis 2013.
Les grossesses en milieu scolaires deviennent de plus en plus inquiétantes. Cette situation est due à la pauvreté qui frappe les élèves. L’année 2017-2018 par exemple, l’on dénombre une quarantaine de cas de grossesse dans 2 écoles d’une même ville.

Au supérieur, la crise qui s’est exacerbée avec l’application des PAS a pris une nouvelle tournure avec la reforme Licence-Master-Doctorat. Ainsi, sur le plan académique, les universités publiques du Togo sont dans l’impasse avec des années sans tête ni queue, le cafouillage dans les examens et délibération et la délivrance d’une attestation après des années de demande, l’absence des curricula, le bâclage de la formation avec le refus d’offrir les stages aux étudiants en fin de parcours, la violation flagrante de l’accord de 2012 en limitant le du nombre de crédits à partir de la 2eme année, la suspension ou suppression pure et simple des TD et TP. Apres trois ans d’installation de la radio universitaire, le gouvernement refuse de délivrer la fréquence pour le lancement de la radio afin d’assurer les stages aux étudiants de l’ISICA et favoriser la communication aux étudiants. Lorsqu’il est question de venir fêter, les autorités de la HAAC et celles de l’université de Lomé s’entendent, mais délivrer la fréquence pour le bien être des étudiants n’est pas important pour ses dernières. Ainsi, l’antenne de la radio est devenue l’idole des étudiants sous la méchante politique sociale des autorités togolaises.

La volonté des autorités de privatiser les universités publiques n’a point faibli. Les frais de formation en master vont de 376 000F et plus. Ce qui oblige la majorité des étudiants à se limiter à la Licence.

Au même moment, l’épineuse question d’infrastructure reste posée et à résoudre. Plusieurs étudiants restent debout, sur les briques, les morceaux de bois et parfois dehors pour suivre les cours dans les universités publiques du Togo. Pire encore, à l’université de Kara, les étudiants viennent au cours avec des chaises depuis leurs maisons.

Sur le plan social, c’est de la désolation pour la majeure des étudiants. En effet avec le désir de privatiser toutes les structures universitaires, les autorités togolaise ont confié le restaurant Universitaire de Lomé à une structure privé dénommée « Richmanlogoss », qui à son tour a augmenté de façon exagérée les frais de plat à 750 F. De plus le plat n’est pas convenable à son prix et la qualité mérite d’être revue.

Au niveau de l’aide, les allocations et bourses sont devenues des espèces rares. A l’Université de Kara comme Lomé, plusieurs étudiants sont privés de leurs aides mais qui ont à plusieurs reprises réclamé. Pire encore, certains qui n’ont pas eu la chance d’être satisfaits n’ont plus droit au versement de leurs aides de l’année antérieure. Cependant, cette aide est soumise à des critères d’octroi excluant de son bénéfice beaucoup d’étudiant. En outre, son montant est dépassé par le cout de la vie : 36.000F pour les allocataires et 54.000F pour les boursiers par trimestre soit respectivement 12.00F et 18.000F par mois. Ce qui prouve encore une fois que le Togo est le premier pays où l’aide accordée aux étudiants n’a aucun sens et mérite d’être revue à la hausse conformément au niveau de vie. L’implantation de la mesure « Pieds à terre » pour juste torturer les étudiants sont l’une des mesures despotiques imposées à la communauté estudiantine de Lomé.

Le logement des étudiants est aussi une denrée rare. Les rares « privilégiés » qui ont eu la chance d’avoir une chambre en cité vivent avec la hantise et sont jetés à tout moment dans les manifestations estudiantines pour de meilleures conditions de vie et d’études. Les étudiants dorment dans la précarité, les matelas dégradants, la chambre très restreinte, ……

Sur le plan des libertés, on note toujours des violations répétées des franchises universitaires. Cela s’explique par l’implantation d’un corps de la police à l’université de Lomé qui n’a pour objectif que de réprimer de façon violente les manifestations estudiantines. En 2017, la Gendarmerie Nationale, en violation flagrante des franchises universitaires a bastonné et arrêté plusieurs étudiants alors qu’ils ne réclamaient que de l’amélioration de leur condition de vie et d’études. Après cette série de répression, le pouvoir judiciaire en complicité avec le gouvernement a retenu les chefs d’accusation les plus ridicules de la planète contre les étudiants en les jetant en prison pendant 2 semaines. En 2018, les responsables de notre Synergie, Section Kara, SEPAMA Inoussa Secrétaire Général et BARTCHE Gnimpal, le Conseiller Juridique et bien d’autres camarades étudiants ont été arrêté hors de l’université de Kara et jeté à la prison civile de Kara pour une durée de 2 semaines toujours dans l’intérêt de museler notre Synergie. Le président de l’université de Lomé, fidèle à ses principes des mesures liberticides a opposé un refus catégorique à la SEET de passer dans les amphis pour communiquer avec les camarades étudiants. Les responsables de la SEET font également face à des menaces de tous genres depuis le 1er juin 2018 suite à la manifestation spontanée contre la fameuse mesure « PIEDS A TERRE » et pour des raisons de leurs fermetés dans la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants. Malgré les difficultés, les étudiants togolais mobilisés au sein de notre Synergie et ses Sections ont lancé de puissantes luttes depuis sa création pour l’amélioration des conditions de vie et d’études et pour des universités démocratiques et populaires accessibles aux enfants du peuple. Ces luttes ont permis d’arracher des acquis substantiels mais force est de reconnaitre que de nombreuses insuffisances demeurent. D’où la nécessité de poursuivre la lutte pour de meilleures conditions de vie et d’études"".

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