Infos Togo

La grave erreur de la CEDEAO dans la facilitation au Togo, d’après Dr Amaïzo et autres

Publié le lundi 5 novembre 2018, par Gabinho

Le texte qui suit est l’extrait d’une analyse conjointement signée par Dr Yves Ekoué Amaïzo et d’autres togolais de la diaspora réunis au sein du CVU (Collectif pour la Vérité des Urnes) -Diaspora Togo et le RCDTI (Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante). Cette analyse dont l’intitulé est ""L’urgence d’une transition politique consensuelle : entre conférence inclusive et insurrection"". En tout cas, pour cette frange de la diaspora c’est bien une erreur que la CEDEAO a commise en laissant la mouvance présidentielle organiser les législatives.

""Erreur de la CEDEAO : L’organisation du scrutin électoral par la mouvance présidentielle
Après le 19 août 2017, une stratégie politique nouvelle était née dans le camp porteur de l’alternance et du changement. Pour la première fois depuis des dizaines d’années, la lutte politique au Togo a débordé le champ du microcosme politicien de Lomé, pour se diffuser comme une trainée de poudre et se déporter sur l’ensemble du territoire. Fait sans précédent sous le règne des Gnassingbé, père et fils, elle a mobilisé et fait sortir des maisons des millions de citoyens, épris de justice et de démocratie dans toutes les villes du Togo. Cette stratégie prenant appui sur la force de résistance incomparable que constituait la puissance du mouvement populaire aurait pu s’avérer efficace si elle avait perduré dans la continuité.

Où en est réduit le peuple togolais quatorze mois plus tard ? À observer avec amertume le constat des bisbilles puériles entre le pouvoir UNIR/RPT et les représentants de la C14 pour un siège à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), il faut croire que l’on est presque au même point que le 19 août 2017 3 !

L’observateur le moins averti serait tenté de dire tout ça pour ça ? Depuis un an, tous ces morts, tous ces emprisonnés, tous ces bastonnés, tous ces brulés vifs, tous ces exilés, toutes ces exactions commises par des milices à la solde du pouvoir, pour négocier un an après un siège à la CENI ? Que tout cela est dérisoire !

Il est triste de constater le jeu de dupes auquel se livrent aujourd’hui ceux qui sont censés aspirer à exercer demain les plus hautes responsabilités de l’Etat, lorsqu’ils se complaisent à servir de caution à une entreprise politique qui les conduira à l’échec.

L’incident du 22 octobre, est un aide-mémoire utile pour ceux qui font fi un peu trop facilement des faits historiques. L’actuelle représentation nationale dont le mandat est juridiquement arrivé à expiration le 25 juillet 2018 est issue d’un scrutin pour le moins sujet à caution et qui fut en son temps légitimement contesté.

Trois remarques figurant en préambule du Rapport Intérimaire N° 5 de la Mission d’expertise électorale de l’Union européenne (mercredi 24 – mardi 30 juillet 2013) résument parfaitement l’organisation de ce scrutin :

Le taux de participation a atteint 66,06 %. Il était de 84,92 % en 2007 ;

La transmission des résultats et leur annonce ont créé la confusion et donné lieu à controverse ;

La veillée électorale de la CENI s’est révélée être un exercice de pure communication politique.

Et le rapport ajoutait : « Aucun résultat ni aucun procès-verbal des opérations électorales par bureau de vote n’a été rendu public par la CENI, hypothéquant le bienfondé d’un contentieux des résultats exclusivement basé sur les copies des procès-verbaux remises aux délégués des candidats. A l’heure où les résultats provisoires étaient proclamés, le personnel du Centre national de traitement des données procédait encore à la saisie des procès-verbaux remontés du terrain, la centralisation des résultats par bureau de vote sur la base de l’original du procès-verbal prenant plus de temps que prévu ».

Ainsi les résultats proclamés par la CENI en 2013 le 30 juillet 2013,qui ne reflètent pas la Vérité des Urnes, ne donnent aucune légitimité à l’Assemblée Nationale actuelle, – en prolongation avancée - pour réorganiser une nouvelle CENI en 2018.

Pour ne pas se retrouver en face de l’impasse des élections bâclées et les résultats travestis et validés par la CEDEAO, le Peuple togolais par la voie de la Société civile et la Diaspora, initiatrices des prochaines marches pacifiques, doivent rappeler à la CEDEAO que toute organisation d’un scrutin électoral au Togo par le système de Faure Gnassingbé et sa mouvance présidentielle est une erreur stratégique. La CEDEAO doit donc procéder à des vérifications et audits afin de constater la réalité des fichiers électoraux des zones 1 et 2 fondés sur un découpage électoral léonin, puis invalider les fichiers électoraux organisés par une CENI fantôme et incomplète.

Il n’y aura pas d’autre solution que de convoquer une conférence inclusive avec les représentants des cinq (5) protagonistes de la crise togolaise : le Gouvernement, la C14, les partis non membres de la C14, la société civile plurielle au Togo, la Diaspora plurielle. Cette conférence inclusive devra se tenir en dehors du Togo dans ses phases préparatoires afin de garantir la participation de tous et la neutralité des débats. Ceci afin d’empêcher le Gouvernement de modifier les résultats des travaux comme ce fut le cas lors de la déclaration de la feuille de route par le Ministère des affaires étrangères du Togo lors du 53e sommet de la CEDEAO tenu le 30 et 31 juillet 2018 au Togo. Les velléités de la Commission de la CEDEAO de prendre le contrôle des opérations de la CENI (fichier électoral) ou de procéder à des vérifications avant toutes décisions de la Cour constitutionnelle ne semblent pas être une alternative faisable compte tenu de la capacité de nuisance du pouvoir au Togo"".

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Jean Pierre Akoete BALIKPO

François FABREGAT

Apelete Félix KODJO

Christian MENSAH

Dr Antoine RANDOLPH