Infos Togo Dossier des 170 employés de SOFANAT

La CSTT livre sa part de vérité et prend à contre-pied l’USYNTRAZOFE !

Publié le vendredi 13 novembre 2020, par Gabinho

Face à la presse le 31 Octobre dernier, l’USYNTRAZOFE (Union des Syndicats des Travailleurs de la Zone Franche et d’Exploitation) a livré sa part de vérité sur le dossier des 170 travailleurs de la SOFANAT (Société de Fabrication des Nattes), rentrés en brouille avec leur employeur depuis le 03 Avril 2020, à la suite d’une décision de celui-ci de modifier les heures de travail, en les faisant passer de 08 heures à 12 heures sans consultation préalable des délégués du personnel. Au passage, les responsables de cette union syndicale ont fustigé le rôle joué par divers intervenant sur ce dossier et particulièrement la Centrale syndicale de la CSTT (Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo) dont elle est pourtant membre. Ce Jeudi, l’exercice a été fait dans le sens inverse. Ce sont les responsables de la CSTT à travers un devoir d’explication et dans l’optique de porter à leur tour leur part de vérité sur le dossier ont animé une conférence de presse au siège de la Confédération à Lomé. Avant tout développement, on peut noter que des informations apportées par l’USYNTRAZOFE, la CSTT balaie tout du revers de la main et indique ne pas comprendre la démarche de son membre qui au finish dit suspendre sa participation aux activités de la centrale syndicale, sur ce dossier, démarche qui d’après les responsables de la CSTT ne sont que de nature à ternir l’image de leur entité.

Emmanuel Agbénou, Secrétaire général de la CSTT, est l’une des voix qui ont porté la réponse de la centrale syndicale aux allégations de l’USYNTRAZOFE…

Une démarche faussée d’avance
« Au début de la crise le 03 Avril 2020, ils n’ont pas jugé utile de venir nous voir. Ils sont approchés des ONG, ils ont mené des démarches malheureusement qui n’ont pas abouti et ce n’est que le 5 mai qu’ils sont venus nous mettre la puce à l’oreille sur la crise qui les oppose à leur employeur. Et lors que nous les avons écouté, nous avons tenu un langage de vérité en leur faisant comprendre que même si l’employeur en réorganisant le temps de travail n’a pas pris soin de de consulter dans un premier temps les délégués du personnel, il serait inopportun d’arrêter le travail parce que l’employeur, selon eux, a violé le dialogue social. Depuis le 03 Avril, ils sont dehors jusqu’au 14 Avril le jour où l’employeur leur a donné une mise en demeure avec injonction de reprendre le travail au plus tard le 17. Ils ont refusé, ils sont toujours dehors. L’employeur a attendu deux semaines de plus c’est-à-dire le 28 Avril pour leur faire constater l’abandon de poste par voie d’Huissier. Et jusque-là, nos amis de l’USYNTRAZOFE, n’ont pas jugé utile de venir voir la CSTT. Ce n’est que le 05 Mai que leur Secrétaire général est venu me voir. C’est vraiment dommage. Je leur ai dit que si c’est que vous nous avez informé dès le début, vous n’allez pas attendre jusqu’à ce que l’employeur ne vous donne une mise en demeure avant de reprendre le travail, parce que, on ne peut discuter que lors que vous continuez à travailler. Vous ne pouvez pas être dehors et demander à l’employeur de se retrouver autour de la même table et discuter. Pour eux, à partir du moment où l’employeur n’a pas réuni les délégués pour qu’ensemble ils arrêtent la nouvelle programmation du temps de travail, suffit largement pour arrêter le travail. Et encore pire, les autres travailleurs qui ont suivi les délégués, quand je leur ai posé la question, ils m’ont dit que eux aussi ils ont arrêté le travail parce que leur employeur a refusé de dialoguer avec leurs délégués. Vous savez la question que je leur ai posée ? Est-ce qu’il y a des dispositions dans notre Code du travail, est-ce-qu’il y a des dispositions dans notre Convention collective interprofessionnelle qui permettent aux travailleurs d’arrêter le travail pour la simple raison que l’employeur a refusé de discuter avec les délégués du personnel ? Allez reprendre rapidement le travail et nous verrons comment discuter avec l’employeur pour que solutions soient trouvées à votre problème. Mais aujourd’hui, ils pensent et disent que la CSTT a été indifférente à leurs problèmes parce que nous étions à maintes reprises allés voir l’employeur. Dans un premier temps, nous avons rencontré le Directeur de travail de la zone franche qui nous a donné encore plus d’éclairage avant que nous n’allions voir l’employeur de SOFANAT. Et lorsque nous étions partis le voir, il nous a dit, aujourd’hui, ces travailleurs ne font plus partie de mon personnel, parce qu’ils ont arrêté eux-mêmes le travail, ils ont démissionné volontairement. Et nous avons dit à l’employeur, nous sommes là pour discuter. Nous voudrions qu’ils reprennent le travail, parce qu’ils sont dehors, c’est des bouches à nourrir. Il faut tout faire pour les reprendre. Il nous a dit, je suis d’accord. Je vais les accepter à condition qu’ils introduisent une lettre de demande de clémence. Et aujourd’hui, les 72 qui ont dressé leur lettre à l’employeur, ce dernier a repris 68. Donc au jour d’aujourd’hui, contrairement à ce que les délégués du personnel de SOFANAT et les responsables de l’USYNTRAZOFE nous disent, en claironnant qu’il y a 170 travailleurs licenciés abusivement à SOFANAT, je dis ce n’est pas vrai. Parce que grâce à l’intervention de la CSTT, 68 travailleurs ont repris aujourd’hui  », c’est bien là son développement. On peut à l’aune de ses développements dire, jusqu’à preuve du contraire que les employés qui ne sont plus finalement réintégrés ne sont pas 170 mais plutôt 102. Ceci alors même que l’USYNTRAZOFE évoquait toujours 170 employés qui seraient licenciés abusivement.

Y-a-t-il encore espoir d’une réintégration pour les 102 restants ?

Emmanuel Agbénou ne perd pas espoir mais s’inscrit dans l’expectative : « Pour ceux qui sont encore sur le carreau, notre désir le plus ardent, c’est de tout faire pour qu’ils reprennent. Mais encore faut-ils qu’ils comprennent qu’ils ont l’obligation d’obtempérer ce que l’employeur demande. C’est-à-dire introduire une lettre ».

Et pour ceux qui peuvent encore douter de ce que la CSTT ait accompagné l’USYNTRAZOFE et les employés de SOFANAT, le SG de la CSTT est clair, « nous les avons accompagnés. On ne peut pas discuter avec l’employeur à partir du moment où nos camarades sont dehors. C’est lors qu’ils vont reprendre le travail qu’on va engager la discussion avec l’employeur. Mais ils ont refusé de reprendre le travail. Qu’est-ce-que nous allons faire ? Nous avons demandé à l’employeur de tout faire pour qu’ils reprennent, il a accepté avec une seule condition, qui consiste à introduire une lettre pour qu’il voit la sincérité dans leur écrit. Ceux-là qui eux-mêmes ont arrêté, est-ce-que aujourd’hui ils sont disposés à reprendre. S’il y a cette sincérité là il va les reprendre. Et la preuve, est que sur les 72 qui ont envoyé leur lettre, 68 ont repris et ils sont en train de travailler aujourd’hui. Donc au niveau de la CSTT, notre devoir en tant que syndicat, c’est de faire en sorte que les droits des travailleurs soient véritablement défendus et que les conditions de travail et de vie soient améliorées  ».

Et enfin, comment comprendre alors la rupture de banc entre la CSTT et l’USYNTRAZOFE à cause de ce dossier ?
« Je ne sais pas à quelle fin ils agissent. La conférence de presse qu’ils avaient tenu le 31 Octobre dernier, Est-ce-qu’ils ont eu l’honnêteté intellectuelle, l’amabilité de préciser que 68 ont repris grâce aux efforts fournis par la CSTT ? Non, ils ne l’ont pas fait. Ils continuent à dire que 170 travailleurs sont abusivement licenciés. Tel n’est pas le cas. Nous, nous sommes à la tête d’une confédération qui regorge plus d’une centaine de syndicats de base et chaque fois nous recevons des plaintes, nous sommes informés des problèmes que rencontrent nos camarades dans les entreprises et nous les assistons, dans la mesure du possible nous trouvons de solutions aux problèmes qui surgissent çà et là, mais encore faut-il que nos camarades soient disposés que la CSTT les accompagne », ce sont là des réponse du Secrétaire de la CSTT, Emmanuel Agbénou sur certains pans de ce dossier des 170 employés de SOFANAT entrés dans une crise avec leur employeur depuis déjà 7 mois.
A chacun d’en faire finalement sa part de vérité sur ce dossier, en se servant des éléments apportés par l’USYNTRAZOFE lors de sa sortie du 31 Octobre et ceux apportés ce jour par CSTT.

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