Nos régions Région des Savanes

La commercialisation des feuilles sèches des arachides très bien valorisée

Publié le lundi 4 janvier 2021, par Gabinho

Sous d’autres cieux, elles sont utilisées comme substances fertilisant le sol pour préparer la saison suivante ; les arachides, l’une des cultures les plus produites dans la région des Savanes est produite en moyenne à 70% par les populations de la région et sur demi-hectare par ménage.

La production des arachides est, dans la plupart du temps axée sur la consommation et la vente de ses graines mais depuis longtemps (plus de 10 ans), la commercialisation des feuilles sèches des arachides a commencé et prends de l’ampleur du jour au lendemain ; tous les marchés de la région connaissent la vente de ces feuilles sèches qui sont utilisées sur place (dans les marchés) ou emportées. Elles servent de provende pour le bétail. M. SALAMI Zakari, secrétaire général de l’association des revendeurs de bétail dans le marché de Dapaong explique que « les femmes, après les récoltes font des entrepôts en ballots pour commencer la vente à partir de fin octobre de chaque année.

Au début, le ballot qui pèse entre 8-10 kilos est vendu à 500 f. Et chacun des commerçants les achètent pour en faire des stocks ou alimenter directement leurs bêtes. Ces feuilles coûtent plus cher à partir du mois de mars jusqu’en juillet, et durant cette période nous pouvons les acheter à 2000 f par ballot. Moi par exemple, j’achète au moins 3 ballots par jour et dès fois plus . Donc nous faisons de l’argent pour ces femmes, et il faut reconnaitre qu’elles nous sauvent énormément car comment allions nous nous débrouiller pour chercher le mangé pour nos bêtes étant donné que nous sommes ici pour la vente ? »

Les femmes qui entreprennent ce commerce sont à peine une dizaine dans le marché de Dapaong venant des coins les plus reculés de la préfecture de Tône et d’ailleurs ; Madame Tani Lamoussa, est l’une de ces femmes qui vient de Papri, un des grands villages de la préfecture de Kpendjal. Elle parcourt environ 45 km pour livrer ses marchandises par tricycle transporte au moins une trentaine de ballots. Elle déclare que « c’est depuis le divorce avec mon mari (il y a 08 ans) que j’ai commencé ce commerce après la récolte des arachides dans mon champ. J’ai fait une affaire de 4000f en un seul marché et j’ai compris que c’est une bonne affaire. J’ai continué et par la suite j’ai commencé à faire le stockage. Aujourd’hui, je livre jusqu’à plus de soixante ballots par semaine. Et grâce à ce commerce, j’arrive à subvenir à tous mes besoins et ce qui me réjouit est le fait que j’arrive à supporter mon fils aîné qui a eu son bac 2 et continue ses études à l’université de Kara depuis deux ans. Vraiment c’est difficile mais c’est une bonne affaire pour moi, je me rends dans les autres villages pour acheter afin de renforcer mon stock car d’autres éleveurs en font des commandes et dès fois je manque pour la livraison. C’est pourquoi je me suis lancée dans une petite étude pour connaître les feuilles que les bêtes aiment consommer. Lorsque les feuilles sèches manquent pour livrer, je me rends dans la brousse pour chercher les branches et autres feuilles pouvant aider les revendeurs. Ils achètent aussi pour alimenter leurs animaux ».

M. Kinkandja Emile, revendeur de bétail atteste « j’achète trois ballots par jour et dès fois plus surtout lorsque les feuilles sèches manquent. On est obligé d’acheter pour garder et assurer l’alimentation quotidienne de nos bêtes sinon elles vont maigrir et si elles perdent de forme, nous aussi nous perdons. Donc c’est une nécessité pour nous avec l’achat des feuilles des arachides ».

Les commerçantes des feuilles d’arachide ne sont pas épargnées des taxes ; elles sont facturées à 50 f par ballot ; leur commerce apporte ainsi un plus à l’économie locale ; d’après les propos de Mme Tani Lamoussa, elles vont créer bientôt leur syndicat pour mieux organiser le commerce de ces feuilles des arachides.
V.G. (Telegramme228)