Infos Togo Licenciement abusif des 170 travailleurs de SOFANAT depuis 7 mois

L’USYNTRAZOFE accuse… et réitère la réclamation d’une réintégration des licenciés

Publié le samedi 31 octobre 2020, par Gabinho

Zone Franche togolaise, une zone de non droit qui profite à la SOFANAT ?
Décidément, la Covid-19 n’a pas arrangé les choses entre les travailleurs de SOFANAT et leur employeur et ils continuent de croupir dans la misère. Face au licenciement qualifié d’abusif dont ces travailleurs précisément 170 font l’objet pour avoir refusé de se soumettre à la décision de l’employeur de faire passer l’heure de travail de 08 à 12 heures de travail journalier, c’est l’USYNTRAZOFE (Union Syndicale des Travailleurs de la Zone Franche d’Exportation) membre de la CSTT (Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo) qui a accompagné ces employés dans le désarroi durant tout ce processus de monter au créneau pour fustiger ce qui n’a pas été et interpeller le ministre du Travail à finalement faire prévaloir la raison et le droit.

En effet, dans une déclaration rendue publique ce Samedi au cours d’une conférence de presse à Lomé, avec présence effective de certains de ces employés qui tirent le diable par la queue depuis déjà 7 mois, en cette période de Covid-19, s’interroge sur plusieurs situations plausibles. « L’employeur SOFANAT, aurait-il déboursé un moyen pour payer le silence et la mauvaise compagnie de certains partenaires sociaux de la relation du travail dans cette crise, en défaveur des travailleurs victimes » ? « Que reproche-t-on exactement aux travailleurs et à l’USYNTRAZOFE » ?

Toutes ces questions se comprennent par le fait que sur suggestion de ces partenaires sociaux, les travailleurs ont sacrifié à toutes les exigences de l’employeur mais jamais n’ont vu leur réclamation de réintégration être satisfaite. Comble encore, de la déception se lit dans les propos de cette union syndicale dans la mesure où, le ministre de tutelle, après une première rencontre le 27 Mai 2020, avec les Délégués du personnel et syndicaux, rencontre au cours de laquelle il a jeté tout le tort sur les Délégués de s’être mal comportés dans la crise « en n’ayant pas demandé l’assistance d’un inspecteur, en n’ayant pas saisi son ministère, en n’ayant pas accepté les modifications d’horaires décidées par l’employeur et que c’était par des réseaux sociaux qu’il avait appris le problème avant de les inviter » et mieux, qu’ils avaient « conduit les travailleurs dans une aventure irresponsable » qu’il n’avait pas non plus une solution pour eux, ni le Chef de l’Etat, mais alors que ces Délégués retournent pour lui revenir le 29 Mai 2020 avec des propositions de solutions, aucune suite ne sera donnée. Et encore que cette deuxième rencontre de recherche de solution ‘aura plus jamais lieu jusqu’à ce jour.

Si l’USYNTRAZOFE et ces 170 travailleurs de la SOFANAT, se demandent encore la faute commise pour finalement se voir dresser devant eux, « un bloc Employeur-Syndicat-Etat », ou encore « mériter le silence du Ministre du Travail malgré les démarches de saisine de son instance », ou encore « l’oubli des dispositions réglementaires en matière de règlement de conflit collectif », ils disent toujours attendre la décision finale de l’Etat, représenté dans ce dossier par le ministre du Travail, et n’excluent pas une saisine du Tribunal du travail au cas où tous les recours possibles pour un règlement à l’amiable seraient épuisés.

Et dans tout ce qui précède, la grande interrogation qui se soulève est relative au fait que les autorités togolaises avaient pourtant instruit employeurs, syndicats des travailleurs et patronat de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas de perte d’emploi en cette crise sanitaire mondiale. Quid finalement du Dialogue social recommandé par la Concertation Etat-Patronat- Syndicat dans cette période de Covid-19 et qui clairement est balayé du revers de la main par la Direction de SOFANAT ? Question à 1000 points. En attendant toute réponse, on est tenté de croire que la Zone franche togolaise est devenue une zone de non droit.
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