Infos Togo SANTÉ

Quand se soigner au Togo se révèle dangereux

Publié le mardi 22 janvier 2019, par

Le système de santé du Togo est parmi les plus médiocres de l’Afrique. Avec près de 8 millions d’habitants, le pays ne compte que trois hôpitaux universitaires (CHU Sylvanus Olympio, CHU Campus, CHU Kara, 400 kms de Lomé). Le pays compte environ 1.300 médecins, à peine 0,05 médecin pour 1000 habitants d’après l’OMS.

La couverture d’assurance-santé n’est accessible qu’à quelques happy-few de travailleurs de la fonction publique (à peine 50.000), leurs progénitures, et les travailleurs des entreprises du privé qui ont les moyens de s’offrir une couverture sociale.

Les hôpitaux publics souffrent de plusieurs problèmes :

Insuffisance de personnel ;

Insuffisance de personnel qualifié ;

Manque d’équipements modernes ;

Insuffisance des appareils de dialyse, etc…

Il n’y a qu’un an que le problème de scanner par exemple, a été réglé, et l’on continue par parler de pannes récurrentes, ce qui pose des questions quant à la qualité de l’appareil.
Les scandales de la corruption endémique du système sont rapportés parfois par la presse écrite indépendante. Toutes sortes de trafic qui seraient passibles devant les tribunaux mais que le système judiciaire, lui-même corrompu, n’arrive pas à juger- parfois faute d’instruments législatifs. Les cas de faute professionnelle occasionnant les décès dans les hôpitaux abondent.

Bien de Togolais préfèrent se soigner au Ghana, dans les structures proches de la frontière. Mais des soins plus poussés méritant une résidence dans ce pays voisin sont souvent hors de prix.

Certes, il y a quelques structures privées qui essaient de réduire les insuffisances scandaleuses du système de santé publique. Elles sont souvent mieux équipées que les structures publiques.

Néanmoins, l’essentiel du personnel de ces privés viennent souvent des Centres hospitaliers universitaires publics. Il s’agit pour la plupart de médecins travaillant sur plusieurs structures pour arrondir leurs fins de mois.

Les insuffisances constatées dans les hôpitaux publics se retrouvent également dans ces structures. Le seul avantage est qu’on y est souvent mieux reçu en consultation et soigné que dans un hôpital public parce que généralement ces structures ne sont accessibles qu’à une minorité. Sans oublier la sécurité dans les hôpitaux.

Le Togo est une dictature militaire depuis 1967. En dépit d’un processus démocratique et des élections, le pays reste sous la domination d’une même famille depuis plus de cinquante ans.

Il n’existe pas de sécurité dans les hôpitaux, y compris privés, pour les opposants. Les manifestants blessés au cours des manifestants doivent prier le ciel pour ne pas être retrouvés sur les lits d’hôpitaux.

En 2008, le politologue et écrivain Atsutsé K. Agbobli opposant à l’actuel régime, hospitalisé à la Clinique Fiadjoè suite à un malaise a été retrouvé mort dans des circonstances non encore élucidées sur une plage de Lomé. Comment a-t-il pu être enlevé de la clinique et par quels individus, les zones d’ombres de la mort suspecte de l’opposant demeurent et n’ont toujours pas été élucidées plus de 10 ans après.
Dans les années 1980, un militaire blessé par balles et soigné au CHU de Lomé (actuel CHU Sylvanus Olympio) a été poursuivi plus tard et tué dans son lit d’hôpital.
La sécurité d’un activiste politique dont la dangerosité est avérée pour le régime militaro-civil, n’est pas garantie.

Il en est de même s’ils se réfugient au-delà des frontières. En décembre dernier, des militaires togolais en réalité des barbouzes ont été arrêtés par la police et des villageois dans un village du Ghana, pays frontalier du Togo alors qu’ils menaient une opération d’enlèvement d’un opposant. Cet acte qui a défrayé la chronique, laisse entrevoir jusqu’où peuvent aller les autorités togolaises dans la traque des opposants au régime en place.

Pour la paix sociale et le respect des droits de l’homme, le Togo doit respecter les traités et conventions auxquels il est parti de peur qu’on le considère de pays voyou sur le plan international.
Enam S.