Infos Togo Interpellation et Garde-à-vue d’Adjamagbo et Djossou au SCRIC

Kpodzro fortifie, Amnesty International accuse…

Publié le mercredi 2 décembre 2020, par Gabinho

Interpellés le week-end dernier à Lomé, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et son confrère Gérard Djossou de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) sont toujours en garde à vue au Service central des renseignements et d’investigations criminelles (SCRIC) où ils sont supposés répondre aux questions des gendarmes. Cette détention fait réagir plusieurs acteurs politiques, civile et défenseurs des droits de l’homme qui à l’unanimité condamnent un scénario infondé.

Plus de quarante-huit heures après leur arrestation et après plusieurs heures d’interrogatoire, les deux membres de la dynamique, accusés d’ « atteinte à la sécurité intérieure de l’État » continuent de recevoir des soutiens de part et d’autre tant aucune organisation encore moins personne n’a approuvé ni leur interpellation ni leur détention si ce n’est le régime accusateur.

Dans un message audio rendu public, l’archevêque émérite de Lomé fortifie ses deux « fils » avec des passages bibliques tels que l’Evangile de Saint Luc au chapitre 21 verset 12 à 19, assurant qu’aucun de leurs cheveux ne sera perdu. « L’heure de Dieu est toute proche », a déclaré le prélat.

Pour l’ONG Amnesty International, il y a un lien entre l’appel à manifestation et l’arrestation des deux opposants et estime que c’est donc une nouvelle illustration des autorités de vouloir réduire au silence l’opposition et les voix dissidentes et critiques. « Ces perquisitions et ces gardes à vue, renouvelées d’ailleurs, ont suivi l’appel lancé par DMK à une grande manifestation qui était prévue le week-end dernier pour protester contre les résultats de l’élection présidentielle de février dernier qui a vu le président Faure Gnassingbé renouvelé dans ses fonctions pour un quatrième mandat, mais aussi pour protester contre le harcèlement judiciaire à l’encontre de certains membres de l’opposition », croit savoir Marceau Sivieude, directeur régional adjoint de l’ONG pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Par ailleurs, le responsable de l’ONG réclame « la libération de ces personnes » et demande « aux autorités de respecter leurs obligations au regard de la liberté d’expression et de réunion ».

Yvette S. /T228