Infos Togo Togo Debout / Après plusieurs heures de privation de liberté

Ils sont libres, prof Dosseh et Gbandjou

Publié le dimanche 8 avril 2018, par

Ils ne passeront heureusement pas la nuit en détention. Eux, ce sont le professeur David Dosseh, premier porte-parole du Front citoyen Togo Debout, et Yao Gbandjou, un responsable de la FTBC, association membre du FCTD. Arrêtés en début de soirée de ce samedi, alors même qu’ils étaient arrivés sur les lieux de meeting de veille de conscience auquel leur Front avait convié les Togolais en face du Collège du Plateau en plein coeur de Lomé, les deux hommes selon des nouvelles reçues des sources qui leurs sont proches, ont confirmé qu’ils ont été bel et bien libérés en cette soirée. Les autorités de la Gendarmerie togolaise ont-ils cédé à l’injonction du FCTD qui réclamait au cours d’un point de presse toujours ce samedi dans l’après-midi leur libération sans condition ? Difficile de le dire mais l’essentiel c’est que ces deux responsables recouvrent leur liberté en attendant les actions à venir promise par ce regroupement d’OSC.

Interdiction antérieure d’une de leurs manifestations publiques, un de ses porte-paroles entre temps englué dans une affaire de manipulation de notes au Campus de Lomé, et aujourd’hui un meeting qu’il projetait tenir en face du Grand Collège du Plateau dispersé avant même que les populations ne se mobilisent, et deux de leurs leaders, professeur David Dosseh et Yao Gbandjou, interpellés sur les lieux, parce que portant un T-shirt à l’effigie du Front... avant d’être libérés, autant d’actes à leur encontre qui font croire que le FCTD n’est visiblement pas en odeur de sainteté avec les autorités togolaises.

Pour informer l’opinion de ce qui s’est produit, ce samedi, le FCTD, après ces deux interpellations était face à la presse dans un point de presse en milieu d’après-midi à Lomé. Revenant sur les faits au travers d’un communiqué de presse, le deuxième porte-parole, Me Raphaël N. KPANDE-ADZARE, a indiqué que ""le samedi, 07 avril 2018, les responsables du Front Citoyen Togo Debout étaient sur les lieux à Casablanca en face du grand collège du Plateau où ils avaient projeté un meeting d’information, de veille citoyenne et d’exhortation républicaine. Alors que le FCTD avait déféré à toutes les formalités administratives prévues par la loi du 16 mai 2011 portant liberté de réunion et de manifestations pacifiques publiques, un arrêté du Président de la délégation spéciale de la commune de Lomé leur a été signifié tard dans la soirée du 6 avril 2018 , c’est-à-dire la veille même de la manifestation et ce en violation des dispositions de la loi portant liberté de réunion et de manifestation qui prescrit que toute interdiction d’une manifestation doit intervenir 72 heures avant sa tenue"". Et, poursuit toujours le document, ""il en découle que même si le FCTD déférait à une telle interdiction irrégulière, il était nécessaire que les responsables du FCTD se dépêchent sur les lieux en vue d’informer la population participant au meeting de ladite interdiction. Mais force est de constater que dès que certains responsables et membres du FCTD sont arrivés sur les lieux, ils ont été automatiquement interpellés par les forces de l’ordre et de sécurité présents et ceci en dehors de tout attroupement et en l’absence d’indice attestant la tenue effective du meeting. C’est le cas du 1er porte-parole du FCTD, le Professeur David Ekoue DOSSEH et d’un membre Antoine GBANDJOU interpellés pour la simple raison qu’ils portaient un T-shirt à l’effigie du FCTD et conduits vers une destination jusqu’alors inconnue"".

""L’habit serait-il devenu un élément constitutif d’une infraction ? Porter un T-shirt à l’effigie TOGO DEBOUT serait-il une menace à l’ordre public ? Comment pourraient – ils se faire distinguer en dehors du T-shirt TOGO DEBOUT ?"", s’interroge Me Kpandé-Adzaré et ses collègues, pour qui, la dispersion, quelques instants après, des premiers arrivants au meeting, à coup de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre et de sécurité est un ""comportement rétrograde, arbitraire, liberticide et d’un autre âge"", qu’ils condamnent avec le dernier degré de rigueur. Aussi s’insurgent-ils ""contre le fait que certains citoyens togolais, affiliés au parti au pouvoir continuent à jouir de leurs droits alors que d’autres citoyens en sont privés"". Un état de fait qui d’après le FCTD ""met gravement en péril la concorde nationale"".
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