Infos Togo Devoir de mémoire

Il y a deux ans, Yark opposait une fin de non-recevoir au transfert de Habia pour Accra

Publié le vendredi 2 octobre 2020, par Gabinho

Alors que ses pairs semblent, dans leurs faits et gestes et les discussions enclenchées avec le pouvoir togolais sous l’égide de la CEDEAO, avoir oublié les détenus politiques, il n’avait pas à l’époque hésité à prendre le parti de ces personnes qui les ont suivi dans la rue pour réclamer le départ de Faure Gnassingbé et plus de démocratie au Togo. Et de quelle manière ? En décidant d’observer une grève de la faim pour réclamer la libération de ces jeunes gens hommes et femmes jetés en prison depuis le début des manifestations publiques organisées par la C14 (Coalition des 14) dont son parti, Les Démocrates, était membre, à la suite de celle du PNP du 19 Août 2017. Lui c’est l’ancien député UFC, Nicodème Ayao Habia. Une action qui lui a valu des noms de toutes sortes dont ceux de comédien.

Le 02 Octobre 2018 – 02 Octobre 2020, par un devoir de mémoire, on s’en souvient encore qu’après deux semaines de grève de la fin (grève entamée le 17 Septembre 2018), et finalement à la suite d’une intervention des parlementaires togolais et des membres du front citoyen “Togo debout” qui a finalement accepté rompre sa grève pour suivre des soins au Ghana voisin, après un bref détour à la Clinique Biasa, verra son transfert être bloqué par les autorités togolaises et en premier chef, le ministre de la Sécurité, pour dit-on absence de quitus de l’Etat.

Ce jour-là, il sonnait 15h15, quand l’ambulance qui devrait assurer le transfert prenait la direction de la frontière Aflao entre le Togo et le Ghana. Mais, l’ambulance au bord duquel se trouvaient, Nicodème Habia, des agents de santé dont un réanimateur anesthésiste et son chargé de communication Achille Mensah, ne franchira pas la frontière ne serait-ce que du côté du Togo. Et pour cause, le service d’immigration du Togo a opposé un refus catégorique pour absence disait-on de papier autorisant la sortie de Nicodème Habia pour le Ghana et précisément Accra pour suivre des soins appropriés aux séquelles des deux semaines de grève de la faim observées. L’ambulance va devoir dès lors rebrousser chemin pour échouer à la clinique Biasa, en attendant le moment propice pour opérer le transfert qui aura finalement lieu après.

Si une telle action, en faveur des détenus politiques ou camarades de lutte jetés en prison, à saluer, n’a pas été suivie de stratégies concrètes pour faire aboutir une telle lutte, il y a lieu toutefois de lire à travers ceci, d’après un acteur politique,11 la foi que l’homme avait en cette énième lutte qui a malheureusement échouée, mais aussi son espérance à voir son flambeau être repris par certains de ses pairs.
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