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""Il n’y a pas de paix ni développement sans la justice sociale"", d’après l’Association Justice Sociale

Publié le jeudi 21 février 2019, par

C’est le message que fait passer l’Association Justice Sociale, au travers d’un communiqué de presse rendu public hier Mercredi 20 Février 2019.

Voici l’intégralité de ce message...

COMMUNIQUE DE PRESSE :

20 février 2019 : Ni paix ni développement sans justice sociale

Depuis novembre 2007 au cours de sa 62ème session, l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) a déclaré le 20 février comme Journée mondiale de la justice sociale. Selon les Nations-Unies, la justice sociale est “fondée sur l’égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains sans discrimination de bénéficier du progrès économique et social partout dans le monde. Promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois. C’est aussi une question de droits, de dignité et de liberté d’expression pour les travailleurs et les travailleuses, ainsi que d’autonomie économique, sociale et politique”.

La célébration de la Journée mondiale de la justice sociale est l’occasion d’attirer l’attention, une fois de plus, sur l’importance du développement social et de la réalisation de la justice sociale partout dans le monde et particulièrement au Togo. Pour parvenir à une société plus juste pour tous selon ce qui a été déclaré dans la résolution fondatrice de la journée mondiale de la justice sociale, les gouvernements se sont engagés à créer un cadre d’action pour promouvoir la justice sociale au niveau national, régional et international. Des politiques, des mesures et actions concrètes doivent être menées par les Etats en vue d’avoir des impacts significatifs sur la vie des populations à la base, surtout celles avec un fort taux de vulnérabilité. Au Togo, la journée mondiale de la justice sociale ne fait pas encore l’objet de célébration.

Au Togo la pauvreté touche en moyenne 53% de la population et concerne en majorité les femmes. Les populations des zones rurales et des milieux les plus reculées du pays ont des difficultés d’accès aux droits économiques et sociaux et sont, par ricochet, plus touchées par la pauvreté notamment avec des difficultés d’accès aux soins de santé adéquats et à moindre coût, à l’alimentation, à un logement décent, à un niveau de vie suffisant, à un environnement sain, à la sécurité sociale etc. Par ailleurs, les populations autochtones des zones d’extraction minière du pays sont dans une situation d’extrême pauvreté due à l’expropriation des terres cultivables par ces entreprises qui ne contribuent pas ou très peu au développement de ces communautés. Cet état de fait laisse les communautés dans une situation de misère accentuée, d’absence de structures sociales, sanitaires et culturels et engendre des fléaux comme la mal éducation des jeunes avec incapacité de contribuer au développement communautaire, le trafic de substances narcotiques, la dépendance à l’alcool et au sexe, la délinquance et la prostitution.

Le 10 juin 2008, suite à des consultations tripartites des représentants des Etats membres, l’Organisation internationale du Travail a adopté à l’unanimité la déclaration de l’OIT sur la justice sociale et pour une mondialisation équitable. Cette déclaration est l’expression de la vision contemporaine de la mission de l’OIT à l’ère de la mondialisation. Elle établit un nouveau fondement en vue de promouvoir et de réaliser la justice sociale grâce à l’Agenda pour le travail décent et ses quatre piliers – l’emploi, la protection sociale, le dialogue social, et les droits et principes fondamentaux au travail.
Rappelons que la réalisation parfaite des principes et droits fondamentaux au travail que sont la liberté syndicale et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, l’abolition effective du travail des enfants et l’élimination de la discrimination dans l’emploi et la profession gravées dans la Constitution de l’OIT, restent encore un grand défi à relever. En effet, certaines catégories de travailleurs subissent encore des formes de discrimination quant au traitement en matière de salaires, de protection sociale et de sécurité et santé au travail. Ces catégories concernent plus les travailleurs de la zone franche, des industries extractives et le travail domestique.

Il reste également du travail à faire quant au travail des enfants, notamment dans les secteurs domestiques et miniers (carrières d’extraction de sable et de gravier).

Sur la question de la protection sociale, elle s’impose comme un levier incontournable d’inclusion sociale et de lutte contre les inégalités persistantes. L’OIT a adopté la convention 102 sur les normes minimums de sécurité sociale en 1952. De plus, avec les objectifs du développement durable à l’horizon 2030, la protection sociale est suffisamment prise en compte avec au moins 8 objectifs consacrés à la thématique notamment ODD 1, 2, 3, 4, 5, 8,16. Cette prise de conscience accrue vise à encourager les communautés à intégrer dans les différents programmes et politiques de développement la protection sociale en vue d’augmenter le nombre des personnes couvertes.

Au plan mondial, selon le rapport 2017 – 2019 du BIT, seulement 29% de la population est couverte par des systèmes complets de sécurité sociale tandis qu’une majorité (71% soit 5,2 milliards de personnes) n’est que partiellement, voire pas du tout protégée.

Au Togo, selon les résultats de l’analyse du système global de la protection sociale à travers les outils d’analyse des options de politique de protection sociale (SPPOT) 2017, une faible couverture est observée.

Cette couverture par âge en soins de santé est évaluée à 4,52% pour les enfants, 4,22% de personnes d’âge actif et seulement 6,24% de personnes âgées.

Le Togo a ratifié depuis 2013, la Convention 102 de l’OIT sur les normes minimums en matière de sécurité sociale mais la mise en application n’est pas effective en ce sens que la population est très faiblement couverte, toutes les branches de sécurité sociale ne sont pas appliquées et seulement une partie de la population (les fonctionnaires) a une partielle couverture. Des efforts doivent être faits pour la définition et la mise en place des socles de protection sociale et l’effectivité de l’Assurance maladie universelle au Togo.

Conscient que la réduction du taux de pauvreté ne sera réalisable sans l’amélioration satisfaisante des conditions d’accès aux Droits Economiques Sociaux Culturels et Environnementaux ; Conscient que les acteurs de la société civile ont un rôle incontournable de veille, d’information, de sensibilisation, de lobbying et de plaidoyer à jouer, des citoyens engagés ont créé une organisation dénommée JUSTICE SOCIALE dont le but est de contribuer à l’élimination de l’extrême pauvreté, à la réalisation des droits économiques sociaux et culturels et parvenir à une justice sociale au Togo.

Contact Presse :

Association Justice Sociale

Mail : justicesociale.2018@gmail.com

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