Infos Togo Journée mondiale de la Santé mentale

HFA et les acteurs de la prise en charge engagés à « briser » les chaînes

Publié le jeudi 10 octobre 2019, par Gabinho

Comme partout à travers le monde, la journée mondiale de la Santé mentale a été observée à Lomé. Dans la capitale togolaise, cette journée célébrée chaque 10 Octobre a été l’occasion pour l’ONG HFA (Hands From Above) en collaboration avec l’UJPOD (Union des Jeunes Pour le Développement) d’organiser une table ronde avec l’ensemble des acteurs qui interviennent dans la prise en charge des malades mentaux. Autour de la table de discussions, et sur des sous-thèmes qui se réfèrent au thème principal, « Les Chaînes, une option contre la maladie mentale ? », il y avait des psychologues cliniciens et de la Santé, des médecins psychiatres, des responsables de centres de prière, des praticiens de la médecine traditionnelle mais aussi des défenseurs des droits humains. Responsable de l’ONG HFA, Peace Vera Eyi Ahadji, a situé leur initiative dans la droite ligne d’une option de « mobilisation des acteurs en ce qui concerne la santé mentale et de sensibiliser le public par rapport à cette question ». Et des discussions, on en retient que cette ONG est dans la dynamique de la recherche de mesures alternatives à celles des chaînes souvent utilisées dans certains centres qui accueillent les malades mentaux.

« Nous avons décidé de porter des discussions sur les chaines qui sont utilisées dans les centres de prières, les couvents et dans les maisons, parce qu’on dit souvent que ces malades sont violents. Alors qu’en voulant répondre à cette violence-là, nous sommes en train d’abuser de leurs droits au même moment. Donc comment arrêter cette chaine-là, comment les traiter, parce que n’oublions pas, c’est une maladie. Comment traiter les malades tout en arrêtant les chaines. Nous avons compris que c’est le travail d’une collaboration, c’est pour cela nous avons organisé cette table ronde là avec tous les acteurs qui interviennent dans la prise en charge, afin qu’ils puissent discuter et voir comment ils peuvent travailler ensemble pour arrêter les chaines et mieux traiter les personnes souffrant de troubles mentaux au Togo », a-t-elle aussi confié. Il en ressort des échanges et des recommandations, « que tous les acteurs commencent par collaborer, pour mieux traiter les malades. C’est particulièrement la collaboration entre les acteurs et la mise en place d’un comité d’échange autour de la thématique des chaines » qui ont été retenues.

Mme Ahadji a regretté le fait qu’ « aujourd’hui, nous n’avons que 5 psychiatres au Togo, nous sommes également limités en termes de centres psychiatriques, et il y a de nombreux malades qui se retrouvent dans des centres de prière qui également répondent à ce besoin-là », d’où le souci désormais de « créer cette collaboration afin que les acteurs de la psychiatrie, notamment les psychiatres puissent intervenir dans ces centres de prières, parce que eux, ils ont trouvé le remède contre les chaines. Exemple, on n’enchaine personne à Zébé, on n’enchaine personne dans les centres psychiatriques. Donc vu qu’ils ont trouvé le remède, pourquoi ne pas collaborer avec les autres acteurs pour que dans ces centres également le respect des droits humains puisse être de mise ».

Pour faciliter cette collaboration et la prise en charge des malades mentaux, la responsable de HFA rassure, « nous travaillons sur un projet de formation des responsables de centres de prières, sur les premiers secours en santé mentale ».

Entre autres communications qui ont fait l’objet de débat au cours de cette table ronde, il y a la « Prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux dans les centres de prière et expérience avec les chaînes » cas de traitement chez des centres de prière, la « Prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux par la médecine traditionnelle et expérience des chaines », cas de traitement chez des praticiens de la médecine traditionnelle, la « Prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux par la médecine traditionnelle et expérience des chaines », cas de traitement chez des Psychiatres, et aussi des partages sur l’expérience des centres Saint-Camille de Léllis.

Outre cette table-ronde et des émissions sur les médias, HFA a prévu des dons en vivres à certains centres qui accueillent les malades mentaux.
T228