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Gerry Taama : « Au Togo, presque tous les opposants sont pauvres donc facilement manipulables »

Publié le mercredi 14 octobre 2020, par Gabinho

Le méga meeting organisé le weekend dernier par l’opposition ivoirienne n’est passé inaperçu pour les Togolais et surtout les leaders de l’opposition togolaise dont se réclame Gerry Taama qui en a fait comparaison avec le Togo.

En effet, s’inspirant de la gigantesque démonstration de force de l’opposition ivoirienne samedi dernier, Gerry Taama a relevé, ce qui, selon lui, serait des manquements de l’opposition togolaise. Pour le président et député du parti Nouvel engagement togolais (NET), les opposants togolais sont vulnérables à cause de la pauvreté.

Sur sa page Facebook, la mobilisation de l’opposition ivoirienne est l’une des deux événements qui ont attiré son « attention ce week-end ».

Entre autres, les causes de l’échec de l’opposition togolaise, selon le député, l’égoïsme, la coalition et surtout la pauvreté de la quasi-totalité des opposants.

« Les opposants ivoiriens ne sont pas dans un regroupement de partis politiques, mais dans un mouvement d’ensemble face à une crise. Le jour où ils vont décider de se formaliser, ça risque de tomber à l’eau, à cause des luttes d’egos. Pour moi, c’est ce qui aurait dû être fait en 2017, s’appuyer sur la mobilisation populaire, (je rappelle que j’ai pris part à 6 marches). On a créé plutôt la c14, on s’est battus les uns contre les autres et on connaît les résultats », a regretté mardi, le premier responsable du NET.

Et place à une autre source d’échec de l’alternance au Togo : corruptibles pour cause de manque de moyens financiers. « Il y a deux différences fondamentales entre les opposants ivoiriens et togolais. Les premiers ont beaucoup d’argent et vivent dans un pays où les armes circulent énormément. Le président ivoirien sortant aurait tort de ne pas prendre cette mobilisation au sérieux. Au Togo, presque tous les opposants sont pauvres, donc facilement manipulables, et l’armée a l’exclusivité des armes. Voilà pourquoi le pouvoir ne nous calcule pas ».

L’exemple en 2018 des 30 millions qui avaient divisé la C14 semble illustrer ce dernier point du « simple citoyen Gerry Taama, pas le député, encore moins le président de parti politique » comme a-t-il précisé à la fin de sa publication.

Toutefois, le docteur ayant diagnostiqué le mal, propose son traitement. « 1. Montrer son intérêt pour la chose politique en étant en permanence une force de proposition. 2. Être à côté des populations même en dehors des périodes électorales. 3. Chercher l’argent. Sans argent, même avec le programme politique le plus intéressant, aucune chance de victoire », propose-t-il.
Yvette S. /T228

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