Infos Togo Décentralisation / Un an après les locales

Faute de moyens, zémidjan est le secours des maires et adjoints

Publié le dimanche 12 juillet 2020, par Gabinho

Ce n’est pas une fiction, mais bien sur une réalité des premiers pas de la décentralisation. Élus il y a un an, les maires et leurs adjoints ont effectivement pris fonction le 15 octobre de l’année dernière. Malheureusement, ils ne font jusque-là rien de concret, faute des moyens essentiels. Non seulement des maires et leurs adjoints arrivent à sacrifier leurs indemnités pour quelques besoins, mais aussi ils sont obligés de prendre taxis-motos.

Selon les informations, plusieurs communes sont dans ce cas dont celle de Kloto 2. Approché, l’adjoint au maire Georges Mawuéna EHO nous en dit plus… Rappelons que la commune Kloto 2 est composée de 3 grands cantons à savoir Lavié, Lavié Apedomé et Kpimé. La commune dispose d’un maire, un adjoint au maire et de 11 conseillers municipaux.

T228 : Commune de Kloto 2, quelle est sa particularité vis-à-vis des autres communes ?

Georges EHO : Le climat, le paysage, ce qu’on peut retenir, c’est que c’est un lieu que beaucoup de personnes aiment visiter et habiter. Je crois d’ailleurs que c’est ce qui a poussé le capitaine des éperviers Emmanuel Sheyi Adebayor à construire et habiter chez nous.

T228 : Avec le Maire et les conseillers municipaux, quels sont vos projets ?

Georges EHO : Nous voulons faire de Kloto2 une commune exemplaire, un carrefour agricole où les gens viendront acheter les produits 12mois/12, un lieu hautement touristique à travers la réhabilitation de la cascade de Kpimé, la construction d’un hôtel et le bitumage de la voie d’accès à la cascade.

Le reboisement de la chaîne d’Atakora nous tient aussi à coeur afin de permettre certaines cultures comme l’aviculture... La mise en sur pied des volontaires pour la lutte contre le feu de brousse.

Kloto2 est la source des plants. En matière de pépinière, nous sommes connus à l’international : les Ghanéens, Béninois... viennent toujours acheter chez nous. C’est des experts. Maintenant, il faut partager son savoir-faire dans tout le pays.

Il y a aussi la réhabilitation des pistes rurales. La formation des jeunes n’est pas à négliger car nous voulons une main d’œuvre qualifiée pour mettre en œuvre tous ces projets. De toutes les façons, le Plan de Développement Communal (PDC) vient nous orienter davantage.

T228 : Un an après votre élection, où en sommes-nous avec toutes ces ambitions pour Kloto 2 ?

Georges EHO : Le bilan, je peux le scinder en 4 étapes. D’abord, l’élection du conseil municipal ; ensuite l’élection du Maire et du Maire Adjoint.

Après cela, nous avons eu la passation de service : cette étape n’est que la suite logique de l’administration. L’adoption du règlement intérieur, la mise en place des commissions permanentes et la tenue de la première session du conseil municipal pour clôturer l’année.

Enfin, du 1er janvier au 30 juin 2020, le travail a essentiellement consisté en l’élaboration du budget et son adoption par le conseil municipal, les tâches administratives.

T228 : Quelles sont les sources de revenus de la commune ?

Georges EHO : Nous venons d’arrêter une liste de sources de revenus, à savoir :
droit de fourrière et de produits de vente d’animaux,
droits d’expédition d’actes administratifs et d’état civil,
redevance issue des autorisations,
taxe sur visite de terrain,
taxe sur contrat de vente de terrain,
attestation de droit de propriété ou titre de propriété,
taxe sur permis de construire
redevance pour occupation du domaine public public ou encombrement de la voie publique ou emprises,
droit de place et tickets de marché,
droit de stationnement,
redevances pour la sortie de café, cacao,
produits des amendes de police,
taxes sur les spectacles,
taxe sur les publicités

T228 : Jusqu’ici, visiblement, tout va bien selon les informations, n’est-ce pas ?

Georges EHO : Les difficultés sont multiples, elles sont d’ordre financier, technique et matériel. Vous n’êtes pas sans savoir que la Covid 19 a mis à genoux les économies des pays. Les ressources communales sont affectées. Le manque de formation des conseillers municipaux et aussi les organes déconcentrés de l’État sur le rôle de tout un chacun.

Nous avons aussi manque de matériels roulants. Du coup, le déplacement devient très difficile. Nous essayons avec les taxis moto. L’insuffisance des ressources financières fait que nous n’arrivons pas à couvrir les dépenses et du coup les indemnités du Maire, du Maire Adjoint et des conseillers sont pratiquement sacrifiées.

Tout compte fait, le gouvernement est bien conscient de nos difficultés. Avec les partenaires techniques et financiers du pays, des réflexions se mènent au haut niveau pour trouver une solution. Nous en sommes confiants.