Infos Togo Adakpamé / Corps sans vie découvert après le Couvre-feu

Des jeunes en colère promettent l’enfer à la Force Spéciale Anti-pandémie

Publié le jeudi 23 avril 2020, par Gabinho

Les jeunes du quartier Adakpamé, banlieue Est de Lomé, et environs sont en colère. Et pour cause, le décès d’un des leurs dont le corps sans vie, mais portant des traces d’une personne rouée de coups, a été retrouvé ce matin, derrière le centre de santé d’Adakpamé. Alors que son corps est emporté pour être emporté, ses proches et des jeunes gens de la localité ont manifesté violemment leur colère, brûlant des pneus sur les artères et bloquant la circulation, des actions menées avec des armes blanches en main. Des propos menaçants et hostiles sont proférés contre les forces de l’ordre, de défense et de sécurité, ce qui fait croire à un des témoins de la scène que le couvre-feu de ce soir dans Adakpamé et les quartiers avoisinant ne sera pas du tout tranquille pour ces agents dits de la Force spéciale anti-pandémie…
En attendant, voici ce qu’écrivait un peu plus tôt aujourd’hui nos confères de Icilome sur la découverte de ce corps sans vie…

« Émoi, stupéfaction, lamentation, pleures, etc., le corps sans vie d’un homme a été retrouvé ce matin à Adakpamé (Lomé), derrière le centre de santé. Les populations riveraines indiquent que c’est la patrouille qui l’a battu à mort la nuit.

Ce jeudi matin, un jeune homme, la quarantaine, a été retrouvé mort, roué de coups, derrière le centre de santé d’Adakpamé, banlieue ouest de Lomé. Il aurait été victime de bavure policière. Notamment de la Force Mixte Anti-pandémique Covid-19.

Selon sa femme que nous avons pu rencontrer, son mari était sorti la nuit pour faire ses besoins dans une broussaille à l’intérieur d’une clôture abandonnée. Car n’ayant pas de lieux d’aisance dans la maison où ils habitent.

Il s’est retrouvé entre la main de la patrouillé qui l’aurait battu à mort. "Il n’y a pas de brigand dans notre quartier. Nous sommes tranquille ici. Notre frère a été tué par la patrouille. Les soldats sont venus à plusieurs reprises dans le quartier ces derniers jours. Ils ont battu des gens. Notre frère a senti le besoin au milieu de la nuit, et il est tombé sur eux. Ils ne lui ont pas laissé la vie sauve. Le crime que nous avons commis, c’est d’être pauvre ?", se demande une femme dans une lamentation.

Et l’oncle de la victime que nous avons rencontré sur les lieux, d’ajouter : "Mon fils, comme tout le monde le dit ici, est un homme calme qui ne parle même pas. C’est sa femme qui m’a appelé ce matin, me disant que son mari est sorti la nuit pour aller faire ses besoins, mais n’est plus revenu se coucher auprès d’elle. Et lorsque ce matin nous avons commencé à le chercher, c’est ici par terre que nous l’avons retrouvé".

Dodji Koutwati, c’est le nom de la victime, a le visage ensanglanté avec des hématomes, l’œil droit complètement couvert de sang et de sable. Il était juste dans un slip, étendu au sol.

"Lorsque nous entendions l’appel au secours, nous avons voulu sortir. Mais comme ce sont les soldats qui tabassent les gens la nuit depuis quelque temps maintenant, on n’a pas pu sortir", a confié un autre habitant de la maison voisine à la victime.

Sa femme et sa fille de huit (08) ans sont inconsolables. La dame fait d’ailleurs des crises répétitives. "Je n’ai que lui", ne cessait-elle de répéter lorsque notre équipe était allé pour l’interviewer. Ce qui était presqu’impossible, vu l’état dans lequel elle se trouve.

Quelques heurs plus tard, une patrouille de jour, arrivé sur les lieux, a essuyé la colère des habitants du quartier qui ont voulu la lapider. Elle a rebroussé chemin, avant de revenir un peu plus tard avec trois autres camions remplis d’hommes en uniforme.

Pour les riverains, c’est la patrouille de la force anti-pandémie qui est l’auteure de ce énième acte abject. Nos investigations se poursuivent pour plus de lumière sur cette affaire. Pour le moment, aucune réaction des autorités sécuritaires.

Nous y reviendrons ! »

T228 (avec Icilome)