Afrique CAMEROUN

Des gendarmes et policiers se coalisent pour tabasser des avocats en colère au Tribunal

Publié le mercredi 11 novembre 2020, par Gabinho

Une scène hors du commun s’est produite dans la soirée du mardi dans la salle d’audience du Tribunal de première instance (TPI) de Douala au Cameroun. Les gendarmes et policiers ont tabassé copieusement les avocats venus soutenir leurs deux jeunes collègues devant comparaitre pour outrages à magistrat, tentative de corruption et escroquerie.

Des images qui font le tour des réseaux montrent des policiers qui font usage du gaz lacrymogène et des matraques pour disperser de la salle d’audience des avocats qui s’opposent à une éventuelle condamnation de deux de leurs dans la soirée du 10 novembre 2020.

« Une décision du juge ordonnant le placement en détention de deux avocats à la prison centrale de Douala en est à la cause. Ils sont accusés d’outrage à magistrat, tentative de corruption et escroquerie. D’après des témoignages, ils ont été constitués dans une affaire pour la défense d’un client qui risquait une peine d’emprisonnement lourde. Ce dernier leur aurait 3 millions de FCFA pour négocier avec la juge pour une condamnation souple. Mais il est finalement condamné à 18 mois de prison ferme et aux dommages et intérêts de 65 millions de FCFA. », a expliqué le site d’information camerounais Actu Cameroun.

En effet, les proches du prévenu réclament le remboursement de leur sous à leurs conseils qui accusent la juge d’avoir perçu l’argent sans pour autant réduire la peine. Après des débats houleux entre les avocats et le parquet, le juge en charge du dossier a mis le dossier en délibéré sur la demande de mise en liberté pour l’audience du 25 Novembre 2020.

A l’occasion, une centaine d’avocats se sont mobilisés en grand nombre pour solliciter la mise en liberté provisoire de ces deux confrères, mais le juge a juste suspendu le procès entrainant des mécontentements des avocats qui se sont vus tabasser par les hommes en uniforme eux aussi en grand nombre.

L’on déplore l’usage des armes à feu dans l’enceinte du Palais de justice à Douala et des avocats qui s’en sortent avec des hématomes.

Yvette S. /T228