Infos Togo COVID-19 et impacts sur les entreprises, l’emploi et les droits fondamentaux liés au travail au Togo

Des acteurs du monde du travail en réflexion pour la formulation d’un « argumentaire de plaidoyer assorti de recommandations »

Publié le jeudi 10 décembre 2020, par Gabinho

« Réflexion et analyses sur les impacts de COVID-19 sur les entreprises, l’emploi et les droits fondamentaux liés au travail au Togo et dans monde : quelles alternatives pour la résilience et la paix sociale ? Défis et perspectives », c’est le thème principal d’un séminaire atelier de réflexion et d’analyse des impacts de Covid-19 sur le monde du travail au Togo et dans le monde, initié par l’ONG SADD (Solidarité et Action pour le Développement Durable), qui réunit depuis ce Mercredi 09 Décembre 2020, au CSI Afrique (ancienne FOPADESC) à Agoè-nyivé, des acteurs du monde du travail au Togo.

Durant deux jours, les participants à ce séminaire, dont la plupart sont des responsables syndicaux, seront outillés sur les « Impacts du Covid-19 sur les entreprises et l’emploi au Togo et dans le monde », « Impacts du Covid-19 sur le droit du travail : Le dialogue social, Le chômage technique, Le licenciement individuel et collectif », « SST : état des lieux dans le contexte de COVID-19 au Togo et dans le monde, enjeux, défis et perspectives », « Les alternatives pour la mise en œuvre des droits et obligations légales, réglementaires, conventionnelles et contractuelles réciproques des acteurs des relations professionnelles dans le contexte du Covid-19 au regard des directives de l’OIT », qui seront décortiqués dans les deux panels au programme. Outre les débats qui meubleront ces panels, il est également prévu des travaux en atelier sur l’argumentaire de plaidoyer afin de ressortir des recommandations.

Des mots du Coordonnateur de SADD, Yves K. Dossou, cette assise est une opportunité offerte aux participants d’apporter leur « pierre à la construction de cette réflexion commune sur les impacts de la COVID-19 sur les entreprises, l’emploi et les droits fondamentaux liés au travail au Togo et dans le monde : quelles alternatives pour la résilience et la paix sociale ? Défis et perspectives », et trouve son essence « dans les bouleversements multiformes opérés par la COVID19 aussi bien au niveau des agendas mondiaux que nationaux » et du fait que « les objectifs du développement durable (ODD) adoptés il y a de cela cinq ans sont confrontés à une contrainte sans précédent de réalisation en raison de l’écart de financement déjà criard hors COVID ». Aussi, a-t-il poursuivi, les séminaristes auront à s’atteler à la mise « en évidence les impacts de COVID-19 sur les entreprises, l’emploi au Togo et dans le monde assorti de recommandations », « faire l’état des lieux des impacts de la COVID-19 sur les droits du travail en lien avec le dialogue social, la protection sociale, le chômage technique et le licenciement individuel et collectif et les conséquences que cela implique pour les travailleurs et leurs familles », « faire l’état des lieux des impacts de COVID-19 sur la santé et la sécurité au travail au Togo et dans le monde assorti de recommandations », la mise « en évidence la pertinence des recommandations de l’OIT et les alternatives pour son applicabilité dans les pays assorti de recommandations » et à « élaborer un argumentaire pour des plaidoyers en direction des gouvernants ». Dans l’espoir d’un diagnostic sans complaisance de l’impact de la COVID 19 sur le monde des travailleurs au Togo, il a convié les participants, à « ne pas perdre de vue les réalités togolaises afin de contextualiser les solutions, de les adapter, en un mot d’éviter de proposer des alternatives hors solutions ». Il est donc attendu des solutions qui pourront participer à « l’action citoyenne des organisations de la société civile qui font de l’humain le moteur de tout développement. La création de la richesse, si elle est à la base du développement ne saurait se faire au détriment des travailleurs. C’est à ce développement à visage humain que nous croyons et pour lequel nous nous battons ». Enfin, SADD a dit inscrire « son action dans l’accompagnement des autorités togolaises pour la mise en œuvre des 42 projets et réformes prioritaires (particulièrement la réforme 3 : modernisation du code de travail en lien avec l’axe 2 dynamiser la création d’emplois en s’appuyant sur les forces de l’économie) de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 ».

Des différents intervenants à cet atelier, Dr Soukouna Dadjo, Médecin du Travail et Directeur Médecine du Travail à la DGTLS, qui entretenait les séminaristes sur « La Sécurité-Santé au Travail : état des lieux dans le contexte de COVID-19 au Togo et dans le monde, enjeux, défis et perspectives », a fait constater que « le monde du travail est vraiment mis à mal par les effets de cette pandémie » et qu’il importe de « mettre en place un dispositif de protection des travailleurs dans ce contexte de Coronavirus ». Il a justifié une telle exigence par le fait que si rien n’est fait, c’est « l’entreprise qui sera fermée, des milliers de personnes seront au chômage et c’est les familles qui souffrent et c’est des maladies mentales qui arrivent ». Il a dès lors convié les acteurs du monde du travail au « respect des mesures éditées par le gouvernement, que les employeurs mettent en place tout ce qu’il faut et éditées par le gouvernement, et par les normes internationales du travail, pour qu’on puisse obtenir ou maintenir un milieu de travail sûr et salubre ».

A sa suite, c’est le Coordonnateur Organising CSI-Afrique / ITUC-Africa, Joseph Toé, présentant la communication sur « Les alternatives pour la mise en œuvre des droits et obligations légales, réglementaires, conventionnelles et contractuelles réciproques des acteurs des relations professionnelles dans le contexte du Covid-19 au regard des directives de l’OIT », qui reconnait le Coronavirus comme une maladie professionnelle, dans la mesure où certains travailleurs sont au front-line dans la lutte contre la propagation de cette maladie, le cas surtout des travailleurs des activités de contact dont le personnel de santé, les transporteurs et autres. A tout prendre, la Covid-19 peut être une maladie de professionnelle pour certains corps de métier et pour d’autres, non. « Si nous faisons l’état des lieux et mettons en exergue les activités pour lesquelles la maladie peut être classée comme maladie professionnelle. Il faudra l’inscrire sur une liste et présenter les symptômes dans le délai de prise en charge », ont situé et Dr Dadjo, et M. Toé.

A noter que ce séminaire a été rendu possible grâce à un accompagnement de WSM (We Social Movements), la DGD (Direction Générale au Développement) de la Belgique et de Terre Solidaire.

Les travaux de ce séminaire atelier prennent fin demain Jeudi.
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