Infos Togo Transferts monétaires, le sauveur des populations vulnérables

Dames Nakissoup et Timongre de Kèrèkètè témoignent de leur reconnaissance

Publié le samedi 12 décembre 2020, par Gabinho

Transferts monétaires, le sauveur des populations vulnérables. Ce n’est pas une interrogation mais une affirmation qui se fonde sur des témoignages des bénéficiaires.

Résidant dans le canton de Galangashi, préfecture de l’Oti, Binake Nakissoup, veuve et mère de quatre enfants a vu son destin prendre une courbe un peu plus luisante avec les transferts monétaires dont elle bénéficie.

Interview des bénéficiaires de transferts monétaires du village de Kèrèkètè dans le canton de Galangashi préfecture de l’Oti. En effet, en six tranches déjà perçues, elle est bien partie pour mieux prendre soin de sa famille. « Avant l’arrivée des transferts monétaires, c’était difficile pour nous de joindre les deux bouts. Les enfants vont à l’école et pour payer l’écolage, c’est eux-mêmes qui vont faire le métayage. Quand on a commencé par nous payer, je suis un peu soulagée. Chaque trois mois, je prends 15 000 F. J’ai déjà pris 6 tranches ce qui fait au total 90 000 F », introduit-elle. Et comment a-t-elle profité de ce coup de starter à elle apporté ?

« Avec cet argent, j’ai pu payer au moins trois chèvres qui aujourd’hui ont mis bas ce sont ces chèvres que vous voyez comme ça. Cet argent m’a aidé cette année, j’ai déjà payé l’écolage à mes enfants ils n’iront plus faire le métayage. Je sais que nous allons prendre cet argent pendant deux ans. Je me suis bien préparée. Je me suis dit que je vais bien continuer l’élevage et ajouter les poules aussi comme ça, quand j’aurai un problème, je peux vendre quelques chèvres ou les poules pour subvenir aux besoins des enfants », apporte dame Nakissoup, qui, à la même occasion, est heureuse de constater que « depuis qu’ANADEB a initié une causerie sur les Activités génératrices de revenus (Agr), bon nombre ont commencé par faire quelque chose. A Kèrèkètè ici, sans vous mentir je ne suis pas la seule personne qui a commencé l’élevage avec l’argent des transferts monétaires. Nous sommes au moins une trentaine ».

En tout cas, autre bénéficiaire, autre réalité et autre changement, même si l’on est dans la même localité de Kèrèkètè. Autrefois, faisant face aux difficultés de la vie quotidienne, Yendienague Kolani Timongre est devenu vendeuse de de boisson locale (Tchakpalo). « Si je commence par vous parler de ce que l’argent des transferts monétaires m’a fait nous n’allons pas quitté ici mais je vais dire les essentiels. Je suis l’une des bénéficiaires des transferts monétaires ici à Kèrèkètè. Je suis mariée et mère de 5 enfants. Trois enfants vont actuellement à l’école. A cause de manque de moyen, mon premier enfant a abandonné l’école et elle était à la maison. Quand j’ai commencé par prendre les 15 000 F, mon mari et moi avons décidé ensemble et on l’a mis dans l’apprentissage. A ce jour, on a déjà pris 6 tranches et ANADEB nous a dit que la 7ème tranche est en cours », raconte-t-elle. Et les retombées sur sa famille parlent pour elle et aussi ceux qui ont pensé une telle initiative, celle de transferts monétaires. Et c’est donc à cœur joie qu’elle relate, « mon cinquième enfant trainait une maladie au pied depuis longtemps on devrait l’amener dans le village voisin pour les soins mais nous n’avions pas les moyens. Aujourd’hui grâce à l’argent des transferts monétaires, mon enfant a retrouvé la santé. J’ai aussi commencé par vendre la boisson locale (Tchakpalo). Actuellement je suis en train d’acheter le mil pour faire le stock pour que quand ça va devenir cher je ne vais plus acheter avant de faire la boisson. Cela me permettra de gagner beaucoup d’argent au moment des soudures et nous pouvons s’occuper de nos enfants ». Quoi de plus normal finalement de voir cette femme ainsi que d’autres bénéficiaires des Transferts monétaires à travers le pays d’assurer que, « s’il y a un mot plus grand que merci, je vais le dire à ANADEB ».

Dans son élaboration et sa mise en œuvre, il est à noter que « Les transferts monétaires constituent l’une des sous-composantes du projet de filets sociaux et services de base (FSB) ». Il est question par ce projet d’accorder « un transfert trimestriel inconditionnel d’un montant de 15 000 F Cfa non remboursable aux ménages bénéficiaires sur une durée de 2 ans. Cette opération a pour objectif d’accroître le revenu et la consommation des ménages ciblés et de ce fait, leur capacité à faire face aux chocs ». Aussi, renseigne-t-on que « les transferts sont essentiellement destinés à contribuer aux dépenses relatives à l’alimentation, la santé, l’éducation des enfants mais aussi à de modestes épargnes pour la mise en place d’une Activité génératrice de revenus (Agr) ». Et dans la région des Savanes, ce sont, pas moins de 15000 ménages issus de 173 villages répartis dans 43 cantons des 7 préfectures qui en sont les bénéficiaires des transferts monétaires. Au moment où se tenait la compilation des éléments d’informations qui font l’objet de cet article, il est à noter que « 13 863 ménages ont reçu au moins 1 transfert trimestriel de 15 000 F et au plus 6 transferts. 12 971 femmes sont des bénéficiaires-désignées par ménage contre 363 hommes bénéficiaires-désignés. Parmi ces ménages bénéficiaires 9 637 ont initié une activité génératrice de revenus (Agr) ».

Initié par le gouvernement togolais et financé à 17 milliards de francs CFA par la Banque mondiale, le projet FSB exécuté par l’ANADEB, vise à assurer aux ménages et communautés pauvres, un meilleur accès aux infrastructures socioéconomiques de base et aux filets sociaux.
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