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Covid-19, anticipation stratégique de l’administration du travail dans les secteurs du travail à haut risque

Publié le vendredi 17 avril 2020, par Gabinho

La pandémie du Covid-19 est une réalité au Togo. C’est un secret de polichinelle. Et les autorités togolaises ne ménagent aucun de leurs efforts pour le contrer à travers diverses mesures prises ici et là. Au-delà de ces mesures, il est encore plus urgent de prendre des dispositions particulières suivant les secteurs d’activités pour que le mal n’y pénètre. C’est donc conscient de cette urgence salvatrice que le gouvernement togolais au travers du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative a entrepris depuis plusieurs semaines des actions en faveur du monde du travail au Togo, pour une meilleure protection de ce dernier, face au Coronavirus.

C’est dans ce contexte de riposte contre la pandémie du COVID-19 et en soutien des mesures prises par le Gouvernement togolais pour soutenir les entreprises, préserver les emplois et accompagner les travailleurs, que l’ONG SADD (Solidarité Action pour une Développement Durable) a organisé les 12 et 13 Avril derniers à Lomé, une journée de renforcement de capacités des délégués syndicaux des entreprises ciblées de la Zone Franche au Togo, autour du thème « Renforcement de capacités des délégués syndicaux des entreprises de la zone franche comme pairs sensibilisateurs sur le COVID-19 ».

Ces travaux qui ont rassemblé 15 délégués syndicaux dont 5 femmes et 3 jeunes, ont été l’occasion pour le médecin du travail sollicité pour l’occasion de rappeler les « textes en matière de SST et les textes de l’OIT en matière de lutte contre le corona virus », « le risque biologique et particulièrement sur le risque du covid-19 : Définition, facteurs de risque, prévention, EPI (gestion, acquisition et port des EPI) », « la gestion des déchets biologiques », « l’intervention de l’équipe face au risque biologique : protection, précaution et point de contrôle » et enfin l’assouplissement du management en entreprise : réorganisation du travail, réflexion sur une autre forme de travail, conciliation vie de famille et vie professionnelle, etc…. ».

Expliquant le bien-fondé d’une telle activité qui se singularise extraordinairement par rapport aux actions déployées ici et là par des acteurs de la société civile pour accompagner le gouvernement togolais dans ses mesures prises pour endiguer le mal, le Coordonnateur général de SADD (Solidarité Action pour le Développement Durable), Yves K. Dossou, a indiqué que l’objectif général poursuivit est d’ « améliorer et renforcer les mesures de sécurité et santé dans les unités de production des entreprises des mines, de la Zone Franche, des BTP et des grands hôtels du Togo » et aussi, « limiter la propagation de la pandémie du COVID-19 à travers une action énergique et concertée dans les entreprises ciblées ».

Il a justifié ces cibles par le fait que « si d’aventure le virus pénètre dans ces secteurs, ça va être catastrophique pour l’économie togolaise » et par la volonté manifestée par le gouvernement de par son anticipation à pour protéger ces secteurs.

De par l’état des lieux fait par SADD et qui l’a motivé à entreprendre cette action, que les délégués formés sont appelés à répertorier les informations reçues au sein de leurs structures de bases, il en ressort que « le monde du travail est également durement impacté par cette crise sans précédent. Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié le 7 avril 2020, 81% de la population active mondiale est actuellement affectée par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail due à la pandémie du COVID-19. Le monde du travail s’attend aussi à ce que la crise fasse disparaitre 6,7% des heures de travail dans le monde au cours du deuxième trimestre 2020, soit l’équivalent de 195 millions de travailleurs à temps plein. Ces chiffres illustrent, si besoin en était, la gravité de la situation pour les acteurs du monde du travail, particulièrement dans les pays en développement comme le Togo ». Et d’après le Directeur Général du Bureau international du Travail (BIT), il est indispensable « d’agir vite, ensemble et avec détermination », afin de prendre « des bonnes mesures d’urgence qui peuvent faire la différence entre survie et effondrement ». On énumère entre autres recommandations de l’OIT pour ce qui est de la sécurité de l’emploi afin de permettre aux acteurs de l’entreprise de mettre en place, les mesures adéquates pour répondre aux problématiques, « la réorganisation des activités (restructuration, chômage technique...) », « l’aménagement des modalités et du temps de travail (télétravail, travail à temps partiel, rotation des équipes, travail de nuit, réduction des horaires) », les « questions de sécurité et santé au travail (respect des mesures barrières, protection des travailleurs vulnérables, des salariés exposés à des risques particuliers...) », et enfin, « la mise en œuvre des droits et obligations légales, réglementaires, conventionnelles et contractuelles réciproques des acteurs des relations professionnelles dans cette période particulière ».

On ose espérer que le gouvernement togolais fera de ces recommandations, les points cardinaux de ses mesures en faveur du monde du travail durant ces périodes de crise. En tout cas pour une réussite de cette tâche de formation à l’endroit des syndicats et des groupes de travailleurs afin d’endiguer le mal du Coronavirus au sein de ces secteurs vulnérables du travail au Togo, le Coordonnateur général de SADD a manifesté toute la disponibilité de sa structure à accompagner le gouvernement.

En attendant, pour cette première initiative, les actions ont été menées grâce à l’appui de WSM (We Social Movements) et de la DGD (Direction Générale au développement) de la Belgique.

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