Infos Togo Législatives ou pas législatives avant fin novembre 2018 au Togo ?

Condé siffle la fin des interprétations : « Nous avons seulement donné une date indicative. Nous n’avons pas appelé à des élections »

Publié le mardi 3 juillet 2018, par

Voilà qui doit calmer les ardeurs des pro élections à la va-vite mais ne doit pas donner non plus l’idée d’une victoire d’un camp sur l’autre vu que les élections tôt ou tard doivent être faites au Togo pour renouveler la composition de l’Assemblée nationale. Alors que les indications des facilitateurs dans le dialogue togolais, Alpha Condé et Nana Akufo-Addo au sortir des travaux d’une nouvelle séance du dialogue intertogolais le 27 Juin dernier, que les élections législatives se fassent avant fin novembre 2018, a donné place à des interprétations diversifiées du côté des protagonistes de la crise togolaise et ceux autour de la table des discussions, le président Alpha Condé dans un entretien, hier lundi chez nos confrères de France 24, et en marge du sommet de l’Union Africaine qui se tient à Nouakchott a jugé utile de procéder à un recadrage.

« Nous n’avons pas appelé à des élections au Togo. Le problème qui se pose, c’est que l’opposition reproche au gouvernement de préparer des élections sans consensus. […] Nous avons demandé que le parlement actuel reste en place jusqu’à l’élection d’un nouveau parlement et que le gouvernement arrête la préparation des élections. Évidemment, il serait irresponsable de notre part de ne pas donner une date indicative. Nous avons seulement donné une date indicative. Nous n’avons pas appelé à des élections », c’est ce qu’indiquait le président guinéen, rectifiant ainsi les appréhensions qui faisaient croire qu’ils avaient fixé de date pour la tenue des élections législatives au Togo. En tout cas, il répond par le négatif.

Quant à l’issue de la crise, le facilitateur guinéen a estimé que les positions sont très tranchées malgré quelques acquis. « Il y a eu quelques pas, ceux qui ont été arrêtés dans le cadre des manifestations ont été libérés. Le gouvernement a accepté que l’opposition puisse reprendre ses manifestations en accord avec les forces de sécurité pour que cela n’aboutisse pas à des morts ou à des destructions des biens publics. Au début, après ma rencontre avec les opposants, on a même libéré des imams alors qu’on les accusait de djihadisme. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de progrès mais nous sommes loin de la solution. Les positions du pouvoir et du gouvernement sont très éloignées. Mais nous ne désespérons pas. Nous pensons que progressivement nous arriverons à les amener au consensus. Déjà, il y a deux acquis fondamentaux : les élections à deux tours et la limitation des mandats à deux », a-t-il expliqué.

En tout cas il s’est refusé dans cet entretien de croire que le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, soit tenté de manipuler la Constitution pour s’accrocher au pouvoir. « Nous faisons confiance au président Faure tout comme nous faisons confiance à l’opposition. Je dis clairement que nous ne sommes pas un syndicat de chefs d’État qui se soutiennent entre eux, mais nous ne sommes pas non plus des pyromanes. Ce qui importe pour nous, c’est qu’on tienne compte de la volonté du peuple togolais et qu’il y ait un gouvernement qui l’accepte et qui représente ses intérêts et que le pays se développe », c’est ce qu’a laissé entendre M. Condé.

Enfin, conclut-il, « nous ne soutenons ni le président Faure ni l’opposition. J’ai déjà dit au niveau de l’Union européenne qu’au niveau de l’Union africaine, nous ne sommes pas un syndicat de chefs d’État. Nous devons respecter les droits de l’homme et nous devons appliquer la démocratie tel que nous le voyons nous-mêmes, pas comme on nous l’impose. Nous connaissons les règles universelles de la démocratie mais c’est notre responsabilité. Mais nous ne sommes pas complices, nous nous défendons pas les uns les autres ».

C’est bien là un recadrage qui doit faire cesser les interprétations d’un pouvoir qui croit avoir reçu carte blanche pour aller vite aux élections législatives qu’on l’accuse déjà de continuer par préparer en sourdine, et aussi de l’opposition, qui doit aussi de son côté ne pas trop dormir sur ses lauriers au risque de se faire surprendre à tout moment.
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