Infos Togo Présidentielle de 2020 / Observation électorale

Boukpessi oppose à nouveau un refus à la demande du Conseil Episcopal Justice et Paix du Togo : Les raisons

Publié le lundi 20 janvier 2020, par Gabinho

Refusé d’observation électorale en Juin 2019 alors qu’il comptait déployer 9000 observateurs pour les élections locales, le Conseil du Conseil Episcopal Justice et Paix du Togo se voit à nouveau opposer un refus à sa demande d’accréditation. Pour cause de ce refus, le ministre togolais de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi, évoque une prise de « positions partisanes sur la situation politique que notre pays a connue depuis Août 2017 », et l’absence de clarification sur les sources de financement de ce Conseil épiscopal qu’il reconnait être un service de la Conférence Episcopale du Togo (CET).
Boukpessi accuse cette Conférence de reprise « à son compte les réclamations de l’opposition notamment sur la CENI, la Cour Constitutionnelle, le code électoral, méprisant ainsi les lois électorales en vigueur dans notre pays ». Aussi, ne comprend-il pas la demande de cette Conférence qui le 21 Novembre 2019, de révision du code électoral pour une élection prévue conformément aux dispositions constitutionnelles au mois de février 2020.
Voici la lettre adressée au Conseil épiscopal Justice et Paix du Togo …

MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE,
DE LA DECENTRALISATION
ET DES COLLECTIVITES LOCALES

CABINET

N° /MATDCL/CAB

REPUBLIQUE TOGOLAISE

TRAVAIL-LIBERTE-PATRIE

Lomé,Ie 16 JN 2O2O

A

Monsieur le Secrétaire Général du Conseil

Episcopal Justice & Paix Togo

LOME

Monsieur le Secrétaire Général,

J’accuse réception de votre lettre référencée 350/2019/CEJP-TOGO/SG du 26 décembre 2019 relative à une demande d’audience, et évoquant la requête pour l’observation des élections par votre organisation,

Je voudrais vous rappeler qu’en tant que ministre en charge de la tutelle des associations de développement, de droits de l’homme et cultuelles, je vous ai, dans mes précédentes lettres précisé les raisons pour lesquelles votre organisation n’est pas qualifiée pour assurer une observation neutre et crédible des élections.

En effet, la Conférence Episcopale du Togo (CET) dont vous n’êtes qu’un service, comme vous l’affirmez vous-même, dans votre courrier, a eu à prendre clairement des positions partisanes sur la situation politique que notre pays a connue depuis août 2017.

Le dernier message du 21 novembre 2019 de la Conférence Episcopale du Togo en est une illustration parfaite, puisque comme toutes les autres déclarations, la Conférence Episcopale du Togo a repris à son compte les réclamations de l’opposition notamment sur la CENI, la Cour Constitutionnelle, le code électoral, méprisant ainsi les lois électorales en vigueur dans notre pays.

Comment peut-on expliquer que la Conférence Episcopale du Togo demande le 21 novembre 2019, la révision du code électoral pour une élection prévue conformément aux dispositions constitutionnelles au mois de février 2020 ?

Il en est de même de la CENI qui est composée conformément aux lois en vigueur et pourtant la Conférence Episcopale du Togo, demande que cette composition soit revue !

Enfin il suffit de lire les réclamations envoyées par l’ANC et la C14 au gouvernement, pour se rendre compte de la coïncidence troublante entre lesdites réclamations et les demandes de la Conférence Episcopale.

Comment dans ces conditions un service de cette Conférence Episcopale peut-il assurer une observation électorale avec la neutralité requise ?

Par ailleurs, depuis le mois de juin 2019 jusqu’à ce jour, nous n’avons toujours pas reçu les informations sur les sources de financement dont dispose la Conférence Episcopale du Togo pour cette opération, qui emploiera, suivant votre demande adressée à la CENI, plus de neuf mille (9.000) personnes.

Le refus de communiquer vos sources de financement, est la preuve que cette opération est téléguidée par une ou plusieurs organisations que vous ne voulez pas dévoiler, pour des raisons que nous ignorons.

C’est pour toutes ces raisons que je vous confirme que la demande d’observation des élections du Conseil Episcopal Justice et Paix du Togo n’est pas acceptée.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes cordiales salutations,

Copie :

Président de 1(CENI)