Infos Togo Démocratie et Limitation du nombre de mandats présidentiels à deux

Apévon à Macron : « Ne nous demandez pas de couper des têtes avant d’y arriver »

Publié le mardi 12 juin 2018, par Gabinho

Entre autres sujets abordés hier lundi au cours de la conférence de presse tenue par la Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise pour faire le point des manifestations qu’elle avait projeté pour la semaine dernière mais en partie empêchée, il y a les dernières déclarations du président français Emmanuel Macron, alors même qu’il a été interpellé par deux citoyens togolais lors d’un déplacement au Canada. S’il s’est dit se ranger derrière l’Union Africaine comme il l’a toujours indiqué depuis le début de la crise politique au Togo, pour trouver une issue favorable à cette crise née de la question de réclamation d’un retour à la Constitution de 1992 et du droit de vote de la diaspora, c’est une position qui passe mal chez les Africains et surtout chez l’opposition togolaise.

En contre-réaction à cette réaction de Macron, Me Dodji Apévon, responsable des FDR (Forces Démocratiques pour la République), parti membre de la C14, a fait comprendre qu’il n’est pas question de considérer aujourd’hui que cette question de limitation de mandats présidentiels « est une particularité pour le Togo mais ce problème là concerne tous les pays africains ». Et donc, « il faut que le président Macron et compagnie comprennent cela ».

Aussi, a-t-il poursuivi, « nous avons des préoccupations, ils ont la démocratie aujourd’hui, ce qu’il ont enduré avant, il ne vont pas nous demander de faire un siècle ou deux siècle ont encore de couper des têtes avant d’y arriver. Qu’ils nous aident plutôt à parvenir à ce que nous voulons ».

Dans une analyse de situation, Me Apévon a relevé que « le problème de limitation de mandat est devenu aujourd’hui une préoccupation de tous les pays africains, de tous les africains ». Il fonde son appréciation de la question sur les derniers résultats du travail d’Afrobarometre également en Côte d’Ivoire. Il y ressort que tout comme au Togo où « le travail qu’Afrobarometre a fait chez nous ici pour dire que même dans le camp du parti au pouvoir, il y a énormément de gens qui disent que ça suffit, le mandat là il faut le limiter pour qu’il ne se représente plus, Afrobarometre a fait le même travail en Côte d’Ivoire. Mais de manière curieuse, les résultats se rejoignent. Pour la Côte d’Ivoire, les résultats publiés disent que ce que les populations voulaient à plus de 90%, ce que les citoyens voulaient, c’est que le mandat soit limité à deux, point barre ».

Il regrette au passage le fait que nous ayons des problèmes aujourd’hui concernant cette limitation de mandats pour la seule raison que « des présidents de la CEDEAO, certains d’entre eux ont des velléités aussi de s’éterniser au pouvoir ».
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