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Agbéyome a foi : ""De nouvelles pages, les plus belles de notre histoire commune vont commencer par s’écrire pour le peuple togolais""

Publié le vendredi 3 janvier 2020, par Gabinho

Discours à la nation de Gabriel Messan Agbeyome Kodjo

Togolaises, Togolais,
Mes chers compatriotes,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis de l’extérieur,

C’est avec dévouement qu’il me plaît tout particulièrement de satisfaire à la tradition de présentation des voeux du nouvel an à vous toutes et tous, Togolaises et Togolais.

Dans ce temps porté par l’exultation générale, qu’accompagnent nos élans sincères, la pureté de nos pensées, et notre générosité désintéressée, s’incarne la véritable magie des fêtes du Nouvel An.

L’année 2019 s’est achevée avec son contingent de fortunes diverses : des succès, des joies, des béatitudes, mais aussi des désarrois, des tourments, des révélations, des désillusions, des contrariétés et des épreuves.

Nulle existence humaine, nulle âme qui vive n’échappe à ces enjouements et à ces impénitences sur son chemin de vie.

Partout à travers le monde, nous vivons une époque agitée, dynamique et en même temps contrastée. Pour autant, nous pouvons et nous devons tout faire pour que notre cher pays le Togo connaisse l’apaisement, et un développement fructueux, pour que tout dans nos vies change uniquement en bien.

Nos projets personnels et nos rêves sont indissociables du Togo : de son présent, de son avenir. L’avenir de nos enfants dépend des efforts et de la contribution de chacun d’entre nous en tous les points du maillon national. C’est ensemble et unis que nous résoudrons les problèmes qui se posent aujourd’hui à notre société et à notre pays. Si nous restons unis, nous atteindrons tous les plus grands objectifs pour un Togo démocratique, pour un Togo apaisé, pour un Togo prospère, pour un Togo qui gagne.

Mes Chers compatriotes,
Togolaises, Togolais,

Durant cette nouvelle année 2020, nous élirons un Président de la République.

La grande histoire retiendra qu’à la faveur de la vaillante détermination et du très respectable engagement personnel de l’Archevêque émérite de Lomé, Monseigneur Philippe Fanoko Kossi KPODZRO, la fin de l’année 2019 a été marquée par le choix du candidat unique de l’opposition pour l’élection présidentielle de 2020.

Mes Chers compatriotes,
Togolaises, Togolais,
Permettez-moi de porter à votre connaissance que c’est à l’issue d’un long processus d’exploration, d’entretiens, de quasi primaires internes puis de l’activation des modalités transparentes de désignation que l’Archevêque émérite de Lomé Monseigneur Philippe Fanoko Kossi KPODZRO entouré d’un Collège de sages, portèrent leur choix sur ma personne en qualité de candidat unique de l’opposition pour l’élection présidentielle de 2020.

Je rappelle que toutes les étapes procédurales préalables que j’ai énoncées furent non dépourvues d’obstacles de toute nature, qui auraient pu conduire les initiateurs de ce projet à l’abandon.

Je voudrais ici exprimer ma sincère gratitude, et saluer le courage, la grâce efficace, mais aussi magnifier l’abnégation des forces démocratiques notamment la C14 ainsi que celle de tous les autres parties prenantes et acteurs de la société civile, pour leur ferme engagement, pour leur discernement, et pour leur sacrifice citoyen en vue de l’avènement de l’alternance politique dans notre cher pays le Togo en 2020.

Je mesure la gravité de ce temps politique fédérateur, car trop longtemps, la classe politique issue de l’opposition politique togolaise n’a eu de cesse de ritualiser tous les cinq (5) ans, la chronique de sa défaite annoncée.

Le choix porté sur ma modeste personne fut pour moi une grande et non moins généreuse surprise, car les salves de critiques infondées, malveillantes, outrageantes et cyniques qui s’ensuivirent m’ont presque conduit au renoncement.

J’ai vécu ces commentaires désobligeants et mal fondés comme une dure épreuve.

À l’instar de toutes les créatures humaines, je me sais imparfait. Pour l’anecdote, après son admonestation contre une fidèle le mardi 31 décembre 2019 sur le parvis de la basilique Saint-Pierre à Rome (Italie), je me permets de me référer avec piété au contenu du propos développé par le Pape François, le lendemain, mercredi 1er janvier 2020, avant la traditionnelle prière de l’Angélus : je cite le Pape François « Tant de fois nous perdons patience. Cela m’arrive à moi aussi. Je m’excuse pour le mauvais exemple donné hier. »

Ainsi, à l’égal de tout être humain, je suis conscient de ce que j’ai vraisemblablement plus de défauts que de qualités. En toute humilité, soyez assurés mes chers compatriotes de ce que je déploie mes meilleurs efforts pour précisément rectifier mes défauts.
Je sais aussi qu’au sein de la classe politique togolaise issue de l’opposition en lutte pour l’alternance politique, nombreux ont un profil meilleur que le mien et que l’un en leur nombre pourrait être mieux indiqué à l’accomplissement de la mission que l’homme de Dieu après plusieurs mois de méditation et d’analyse en lien avec un Collège de sages ont librement considéré bienséant de confier à ma personne.

Je suis très honoré de la confiance qui m’est ainsi témoigné et je mesure le poids de la responsabilité qui m’incombe. C’est pourquoi, j’ai accepté en toute humilité la mission qui m’échet dorénavant, avec gravité et sans badinage.

J’en appelle à la mobilisation de toutes les citoyennes togolaises et de tous les citoyens togolais pour la réussite du temps politique nouveau qui est à la portée de notre peuple meurtri.

J’ai toujours servi l’État avec détermination, professionnalisme, rigueur, abnégation, probité morale et avec une obligation de résultats assortie d’un rythme d’évaluations discrétionnaires.

S’agissant des imputations particulièrement fantasmées, portées contre ma personne, j’affirme ici avec solennité sans risque d’être démenti que les accusations chuchotées de détournement des fonds au Port Autonome de Lomé procèdent d’une malsaine manipulation politique ainsi qu’en témoignent les conclusions du Pôle financier près le Tribunal de Grande Instance de Paris en (France) saisi d’une commission rogatoire internationale, après un scrupuleux contrôle conjoint d’une part, des autorités bancaires ; et d’autre part, des investigations du Parquet financier français agissant sur commission rogatoire internationale délivrée par le Parquet togolais.

Par ailleurs, afin que cesse la prolifération des infamies jetées en pâture, et afin que nul n’en ignore, je tiens à rappeler que la Chambre d’accusation de la formation de jugement togolaise, compétente pour en connaître stipula en sa décision judiciaire, dont je cite le dispositif du jugement intervenu « le délit reproché à l’ancien Premier Ministre Agbéyomé KODJO relève du domaine de l’impossible. » Conséquemment, cette affaire imaginaire qui fut falsifiée au moyen d’un empilement abracadabrantesque est définitivement close depuis 2005 et tout soupçon de malversations fut judiciairement écarté.

Sur un autre sujet et non des moindres, je voudrais à nouveau fortement rappeler en toute clarté, afin que nul n’en ignore, que je ne suis ni de près ou de loin mêlé au drame de Fréau Jardin ainsi qu’en attestent formellement la correspondance du 13 mai 1993 de Maître Ahlonko DOVI, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Togo (CNDH) au Secrétaire Général des Nations Unies, le rapport du 5 Octobre 1993 d’Amnesty International, le rapport du 20 janvier 1994 de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Togo ; qu’au surplus, le témoignage sous serment déposé de l’ancien Premier Ministre Monsieur Edem KODJO me disculpe entièrement, de façon étayée ; que le contenu exhaustif dudit témoignage déposé sous serment est consigné dans les archives de la CVJR et peut être consulté par tous les citoyens togolais qui en feront la demande.

Mon audition publique devant la CVJR ainsi que le contenu argumenté et amplement étayé de la lettre ouverte au peuple togolais publiée par mes soins le 19 novembre 2011 sont autant d’éléments matériels qui infirment en tous points les imputations hasardeuses ourdies contre ma personne.

La vérité relative à ma totale innocence dans la tragédie de Fréau Jardin n’est pas méconnue de tous les acteurs du Collectif de l’opposition démocratique (COD) 2 qui n’ignorent absolument rien et ce, par le menu détail, des vrais auteurs de cette tragédie du 25 janvier 1993.

J’ai une pensée émue pour tous nos compatriotes tombés sur le champ de l’honneur pour leur combat pour la démocratie et la justice sociale.

Mes chers compatriotes,
Togolaises, Togolais,

A la lumière de la clarification et de la vérité dans sa simplicité nue que je viens d’énoncer relativement au regrettable drame de Fréau Jardin, convenez de ce que je ne peux être tenu pour responsable des turpitudes d’autrui.

Sur ma trajectoire professionnelle, politique et personnelle, j’ai certainement, inconsciemment offensé ou blessé plus d’un, par mes propos, ou par mes actes ; à toutes celles et à tous ceux-ci, j’implore humblement leur pardon. Mais, je ne peux assumer des faits dont je ne suis à aucun égard comptable.

S’agissant des incendies des marchés de Lomé et de Kara, il s’est avéré dès la connaissance de ces faits criminels que ce fut un montage grotesque du pouvoir aux fins de polluer, d’entacher gravement et de paralyser les activités du -Collectif Sauvons le Togo-. J’ai payé de ma personne des souffrances arbitraires et je fus jeté en prison pour un acte criminel dont je n’ai jamais rêvé.
Le récent revirement du dénommé Mohamed Loum constitue à tous égards, un cinglant camouflet pour le pouvoir dont le silence assourdissant témoigne de l’embarras dans lequel il se trouve depuis l’aveu et le repentir public de celui qui fut manipulé et instrumentalisé.

Le devoir de vérité et l’exigence de morale publique requièrent une clarification du pouvoir suite au témoignage accablant et troublant impliquant des hauts responsables de l’État. La dignité commande de laver de tout soupçon les innocentes victimes expiatoires qui furent arbitrairement violentées, outragées et qui traînent à ce jour, le traumatisme, le pretium doloris, le préjudice moral et le préjudice matériel qu’occasionnèrent les souffrances qui nous furent imposées.

Les magistrats qui ont accepté de se livrer à cette hérésie juridique et judiciaire doivent faire un acte de contrition au-devant du peuple togolais au nom duquel ils disent le droit, prennent des actes de procédure et rendent des décisions de justice.

Les obscurs inspirateurs ainsi que les auteurs de ces crimes perpétrés à Kara puis à Lomé doivent avoir sur leur conscience le fait que les femmes victimes de leurs agissements criminels ont perdu leur fonds de commerce et subissent à ce jour, le harcèlement de leurs créanciers. En la circonstance, je comprends parfaitement que chaque togolaise et chaque togolais atteint dans sa chair par cette sordide affaire criminelle puisse se poser la question de savoir si au Togo, la justice est égale et la même pour tous les citoyens, ou si elle est protectrice des puissants et autres criminels en col blanc ?

Mes Chers compatriotes,
Togolaises et Togolais.

L’heure a sonné ! Rassemblons-nous et mobilisons-nous pour aller à l’essentiel en vue de la réalisation de l’alternance politique au Togo en 2020. La division n’a jamais été féconde pour la réalisation d’un idéal partagé.

J’appelle avec force et vigueur toute la classe politique, la société civile, la diaspora et toutes les bonnes volontés, au Grand Rassemblement Citoyen pour que l’alternance devienne réalité lors de la prochaine élection présidentielle pour la refondation de la république.

La campagne que nous allons mener ensemble ne doit pas s’inscrire dans un format classique de campagne électorale. Elle devra être atypique à tous les niveaux. Ce devra être une campagne explicative, une campagne pour expliquer, surtout aux jeunes, mais pas seulement, comment le peuple souverain, comment les citoyennes et les citoyens peuvent avec d’autres outils démocratiques notamment par les suffrages qu’ils exprimeront, être les principaux acteurs du changement et de l’alternance politique tant souhaités.

Mes Chers compatriotes,
Togolaises et Togolais,

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la marche de l’histoire de la gouvernance politique au Togo. Les stratégies politiques novatrices et fédératrices de conquêtes politiques sont à tous égards les seules qui vaillent et demeurent éminemment avantageuses.

En ce début d’une année nouvelle plein de défis et de belles promesses, je voudrais présenter mes chaleureux voeux au peuple togolais.

Aux malades sur leur lit d’hôpital, j’adresse tous mes voeux de prompte guérison.

Aux prisonniers, je forme à votre endroit, mes voeux ardents d’une prochaine libération.

À celles et ceux qui vivent dans le dénuement le plus abject et pour lesquels la vie paraît un supplice, je vous invite à tenir bon dans l’espérance.

À nos vaillantes Forces de défense et de sécurité qui assurent inlassablement nuit et jour l’intégrité de notre territoire national, je rends hommage.

Je salue l’engagement et la bravoure de nos Forces de défense et de sécurité qui sont engagées en opérations extérieures, au service de la paix dans le monde, au péril de leur vie. Je salue votre courage et vos actions sacrificielles.

En mémoire de toutes celles et de tous ceux qui nous ont quitté au cours de l’année 2019, je joins mes prières aux vôtres, pour leur repos dans la lumière céleste.

Mes Chers compatriotes,
Togolaises et Togolais,

Aujourd’hui, la majorité silencieuse des togolaises et des togolais désirent ardemment une alternance politique paisible pour la restauration de leur dignité, habités par l’espoir de ce que demain leurs besoins les plus simples soient un tant soit peu satisfaits, par exemple que l’école ouverte à tous donne à chacun les moyens de s’insérer et de s’épanouir dans la société, notamment grâce à un emploi décent, ou que l’hôpital soit un lieu de soins et de guérison, ou encore que la pension de retraite perçue après une vie de travail ait un autre visage que celui de l’indigence.

C’est en réponse aux cris du cśur de toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier qu’ensemble nous voulons mettre en mouvement une gouvernance plurielle et vertueuse au service du bien-être du peuple togolais.

Nous sommes déterminés à śuvrer pour l’émergence d’une démocratie apaisée et d’une prospérité partagée que tous les togolais appellent de tous leurs voeux.

Mes Chers compatriotes,
Togolaises et Togolais,

Je voudrais, en ce temps de grâce et de félicité, vous rappeler que la rancune et les récriminations n’ont pas leur place dans le combat que nous menons pour un Togo démocratique et prospère.
Nous nous inclinons avec vénération et foi devant notre génie créateur et nous comptons fédérer toutes les compétences et toutes les intelligences au service du bien-être commun de notre Chère patrie le Togo.

Ensemble, faisons aimer le Togo à nos enfants et aux générations futures.
À ce travail exaltant, à ce travail plein de belles promesses, la Nation nous invite pour le bonheur de chacun et de tous.

Togolaises et Togolais,
Mes Chers Compatriotes,

Du fond du cśur, je souhaite d’heureuses fêtes à celles et ceux de nos compatriotes qui demeurèrent mobilisés aux avant-postes ainsi qu’à celles et ceux de nos compatriotes qui assurèrent l’arrière-plan et qui ont enduré la rudesse et les épreuves des manifestations sur la voie publique pour que notre patrie et nous tous ayons un meilleur avenir ainsi que des perspectives d’avenir plus engageantes.
Qu’il vous en soit rendu hommage mes chers compatriotes !

Tout indique que de nouvelles pages, les plus belles de notre histoire commune vont commencer par s’écrire pour le peuple togolais, pour qui sur le plan divin tout est déjà accompli en cette année 2020.

Que Dieu soit béni, et qu’il bénisse davantage le Togo et chacun de ses enfants !

À toutes et à tous, je souhaite mes meilleurs vśux d’heureuse Année 2020.

Fait à Lomé, le 03 janvier 2020
Agbéyomé Messan KODJO