Infos Togo 6ème édition du FSSTT / Les têtes couronnées ont eu leur mot à dire

« A l’Etat de manier la carotte et le bâton, en prenant des mesures contraignantes contre les entreprises qui violent les textes et les droits humains »

Publié le samedi 24 novembre 2018, par

De bout en bout, ils ont été là durant les trois jours de la 6ème édition du FSSTT (Forum Solidarités Sociales des Travailleurs du Togo), tenu à Kpalimé. Eux, ce sont les chefs traditionnelles des communautés hôtes (dont Yoto et Vo) souvent victimes de l’exploitation des ressources de leur sous-sol au Togo.

Ces derniers, à travers leurs contributions de tous ordres dans les plénières et dans les travaux en commission ont éclairé et orienté les débats pour attirer l’attention aussi bien des syndicats qui opèrent dans les entreprises extractives que des OSC (Organisations de la société civile) qui viennent parfois en appui aux actions de leurs communautés, sur le drame qu’ils vivent dans le pillage de leurs richesses. Ces drames vont de la dévastation des terres arables, contre des indemnisations dérisoires, aux problèmes sanitaires en passant par ceux infrastructurels et autres.

Et pourquoi ce fort engagement des chefs traditionnels à ce forum ? La réponse de l’un des porte-paroles de ces têtes couronnées, en la personne de Togbui Degguah Ehé Apao, chef traditionnel du village d’Apao Honou, dans le canton de Vogan, préfecture de Vo, est sans équivoque, « le chef traditionnel est certes garant des Us et coutumes mais il est une personne qui doit œuvrer aux côtés des populations pour le développement de son milieu. Les textes nous y autorisent. A ce titre les chefs traditionnels se doivent être porteurs des soucis que les populations ont. C’est ça qui nous a amené à nous engager dans cette lutte pas de façon musclée ni tapageuse, mais faire en sorte que l’on voit que les besoins sont là et qu’il fallait que l’on écoute avec une oreille attentive nos populations. Et d’envoyer des messages forts aux responsables des industries extractives et à l’Etat. « Au niveau des industries extractives, nous dirons qu’ils ont signé des engagements. Que ces engagements soient respectés tant dans les droits de leurs travailleurs que dans la responsabilité sociétale qu’ils ont à honorer. Cela ne les fera que grandir, cela ne leur donnera que de la bonne image, pour elles-mêmes ces entreprises. Et enfin au niveau de l’Etat, qu’il reste déterminé à lutter, parce que avant le bien-être des populations est l’affaire de ces populations, mais coordonné et entretenu surtout par l’Etat. Aujourd’hui, vous savez que, un certain nombre de mesures pour que les populations, qu’elles soient riveraines des sites d’entreprises minières ou pas, l’Etat s’en occupe, avec plusieurs actions mais que dans le domaine spécifique des entreprises extractives de mines, nous ne leur (l’Etat, ndlr) demandons pas de faire le gendarme, mais de faire en sorte que les textes mis en place soient respectés. Et quelques fois, quand il y a la carotte, il quelques fois le bâton à côté. Donc, prendre des mesures contraignantes envers certaines de ces entreprises-là qui vont souvent des violations des droits humains, ce qui n’est pas normal et ne fait pas partie des mesures politiques, économiques et sociales, en vigueur aujourd’hui dans notre pays pour le bien-être des populations en général au Togo ».

C’est à juste titre que le représentant Afrique de Solidarité mondiale, Uzzièl Twagilimana a salué cet engagement dont a fait montre les chefs traditionnels garant des us et coutumes des localités hôtes des entreprises minières au Togo, en demandant aux participants, une ovation spéciale à ces derniers, alors même que les rideaux s’apprêtaient à tomber sur cette 6ème édition du FSSTT.

En tout cas, ces chefs traditionnels se sont réjouis de ce que les problèmes de leurs communautés soient pris à bras le corps par syndicats et OSC mais aussi et surtout par des acteurs de la communauté internationale. Ils espère voir les recommandations formulées, obtenir un écho favorable près de l’Etat mais aussi des industries extractives, pour le grand bonheur de leurs populations qui ne demandent qu’à vivre dans de meilleures conditions.
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