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L’Assemblée nationale arme le Togo en nucléaire : les vrais motifs !

Publié le vendredi 5 juin 2020, par Gabinho

L’impression est presque partagée par un bon nombre de Togolais en apprenant que l’Assemblée nationale dote le pays, et en ces moments particuliers, d’une loi sur le nucléaire. "Que fera-t-on avec l’arme nucléaire alors qu’on n’est qu’à l’étape de gaz lacrymogènes ?", c’est ce que se disent certaines opinions.

Pour d’autres encore, que cherche un pays comme le Togo dans cette histoire de nucléaire comme le font les puissances comme USA, Russie, Chine, Iran, Corée du Nord...?

Mais, il s’avère que, au-delà du volet armement, le nucléaire est utile dans bien d’autres domaines aussi que bon nombre ignorent et en sont de plus en plus victimes de sa mauvaise utilisation par les acteurs. La santé est l’un des principaux domaines dans lesquels intervient le nucléaire. Viennent ensuite l’agriculture, l’élevage, l’eau alors que l’organisme humain est la destination finale de toutes ces choses.

"Les rayonnements ionisants présentent deux types de conséquences en fonction de l’intensité et de la durée d’exposition. Pour de fortes expositions prolongées, il existe des risques immédiats de brûlure et même de décès.

A long terme, les risques à craindre en cas d’exposition non contrôlée sont le cancer, la stérilité, les malformations des bébés nés de personnes exposées avant ou pendant la grossesse, les troubles du fonctionnement de certains organes telle la thyroïde", explique le gouvernement.

Voici un extrait de l’exposé des motifs accompagnant le projet de loi

« De nos jours, les applications des rayonnements ionisants procurent aux pays d’importants avantages dans de nombreux domaines, notamment la santé (dépistage et traitement des cancers, sécurité sanitaire des aliments), l’agriculture et l’élevage (accroissement de la productivité des terres, multiplication des variétés de terres fertiles, amélioration de la croissance, de la reproduction et de la résistance aux maladies du bétail), l’industrie (civile et militaire), et la recherche scientifique (physique nucléaire, chimie nucléaire).

A côté de ces multiples avantages, le nucléaire et les rayonnements ionisants qu’il véhicule, comportent des effets potentiellement nocifs pouvant résulter d’une utilisation inappropriée, d’accidents ou d’actes malveillants, dont il est impératif de protéger les personnes, la société et l’environnement.

Avec l’expansion des utilisations des techniques nucléaires dans une variété de domaines, il est devenu impérieux pour tout Etat membre, conformément aux recommandations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), de se doter d’un cadre juridique bien structuré devant lui permettre de satisfaire les impératifs techniques et managériaux conçus pour protéger la santé publique, la sûreté et l’environnement.

Le Togo a adhéré à l’AIEA le 30 novembre 2012. Dans le cadre de sa coopération avec l’AIEA, le Togo bénéficie déjà de plusieurs projets notamment :

- dans le domaine de l’énergie et de l’eau sur la planification et la gestion des ressources disponibles ;

- dans le domaine de l’agriculture, des recherches sur l’amélioration de la production laitière des vaches ainsi que l’amélioration des semences en vue de les rendre résistantes à certains agents pathogènes ;

- dans le domaine de la santé, le renforcement des capacités des agents sur la radioprotection. Le dossier d’un projet de radiothérapie et de médecine nucléaire indispensable au traitement des cancers, et logé dans l’Institut National de Cancérologie, est bien avancé avec l’AIEA.

La politique de renforcement du secteur de la santé se soldera entre autres par le renouvellement et l’augmentation des équipements en imagerie dont l’utilisation non contrôlée peut être à l’origine d’abus dommageables pour la santé de la population. En matière de transport routier, maritime et aérien, et au vu de la mondialisation, des milliers de tonnes de biens et équipements traversent chaque jour nos différentes frontières, à des points de contrôles établis.

Au regard des enjeux actuels de terrorisme et de trafics illicites de tout genre, il est nécessaire de s’aider des technologies utilisant les rayonnements ionisants pour faciliter et assurer plus efficacement le contrôle de ces biens et équipements. »

Voici d’autres éléments de réponse du gouvernement aux députés lors des travaux en commission sur le sujet

« Q6. Au regard du niveau de développement de nos Etats, l’Afrique est-elle prête à recevoir et utiliser le nucléaire dans son système sanitaire ?

R6. L’utilisation de nucléaire est déjà effective dans les systèmes sanitaires des Etats africains à travers les équipements en imagerie comme la radiographie et le scanner.

Q12. Quels sont les pays de la sous-région ouest-africaine qui ont déjà adopté le texte sur le nucléaire ?

R12. Dans l’espace ouest-africain, presque tous les pays ont adopté le texte sur le nucléaire à l’exception du Togo, de la Gambie, du Cap Vert, de la Guinée et de la Guinée Bissau.

Q13. Quelle est l’ampleur du caractère nocif des rayonnements ionisants ?

R13. Les rayonnements ionisants présentent deux types de conséquences en fonction de l’intensité et de la durée d’exposition. Pour de fortes expositions prolongées, il existe des risques immédiats de brûlure et même de décès.

A long terme, les risques à craindre en cas d’exposition non contrôlée sont le cancer, la stérilité, les malformations des bébés nés de personnes exposées avant ou pendant la grossesse, les troubles du fonctionnement de certains organes telle la thyroïde.

Q15. Quels sont les équipements et les technologies auxquels souhaite recourir le Togo dans le cadre de l’utilisation pacifique de l’atome ? Exposé des motifs, Page 2, § 5.

R15. Les équipements et technologies auxquels le Togo souhaite recourir concernent les domaines suivants :

- santé : radiographie-scanner, radiothérapie et médecine nucléaire (traitement du cancer) ;

- agriculture : amélioration de la productivité ;

- industrie : contrôle de la qualité des équipements et machines utilisés ;

- énergie : maîtrise des outils de planification énergétique ;

- eau : évaluation de la qualité et de la quantité des réserves par des techniques isotopiques (techniques utilisant la propriété de l’atome) ;

- sécurité : contrôle des frontières dans les ports et aéroports ;

- environnement : lutte contre l’érosion côtière, la pollution (air, eau, sols) ;

- mines : prospection ;

- infrastructures : essais non destructifs, contrôle de la qualité des ouvrages (ponts, routes…) ;

- recherche : dans tous les domaines pertinents de la recherche. »