Infos Togo 55ème session du Conseil International des Bois Tropicaux (CIBT) à Lomé

Komi Sélom KLASSOU ne rate pas ses cibles

Publié le lundi 2 décembre 2019, par Gabinho

Connu pour son fort ancrage dans le plan national de développement (PND), le Premier ministre Komi Sélom KLASSOU ne rate aucune occasion pour en parler à qui veut l’entendre ou pas. Les participants de la 55ème session du Conseil International des Bois Tropicaux (CIBT) en ont aussi eu pour leur compte.

“Le Togo s’est doté d’un nouveau référentiel de développement et de transformation structurelle de l’économie nationale. Il s’agit de l’adoption du Plan national de développement (PND) sur la période quinquennale de 2018-2022… A travers le PND, le Togo attend transformer structurellement son économie, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents”, a encore gongonné le chef du gouvernement.

Voici un extenso son allocution d’ouverture :

• Madame la Présidente de l’Assemblée nationale,
• Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle
• Madame la Présidente de CNDH,
• Mesdames et Messieurs les Ministres,
• Honorables Députés à l’Assemblée Nationale,
• Mesdames et Messieurs les Ministres en charge des forêts des pays africains membres de l’OIBT,
• Monsieur le Président du Conseil International des Bois Tropicaux,
• Monsieur le Directeur Exécutif de l’Organisation Internationale des Bois Tropicaux,
• Monsieur Joseph Kokou KOFFIGOH, Ancien PM
• Monsieur Dama DRAMANI, ancien PA,
• Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs accrédités au Togo,
• Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes régionaux et internationaux,
Mesdames et Messieurs les Représentants des pays membres producteurs,
• Mesdames et Messieurs les Représentants des pays membres consommateurs,
• Monsieur le Préfet du Golfe,
• Mesdames et Messieurs les responsables du secteur privé togolais et étrangers,
• Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,
• Madame la Présidente du réseau des Femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts,
• Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations de la société civile,
• Vénérés chefs traditionnels,
• Mesdames et Messieurs les observateurs,
• Distingués invités,
• Mesdames et Messieurs,

Le peuple togolais se sent honoré de l’honneur qui lui est fait pour abriter la 55ème session ordinaire du Conseil International des Bois Tropicaux. Je voudrais, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, au nom du Gouvernement et du peuple tout en entier, souhaiter à toute et à tous la plus cordiale bienvenue et un agréable séjour à Lomé, capitale du Togo carrefour des grandes rencontres internationales.

Au-delà de la fierté que la domiciliation de cette grande rencontre nous procure, c’est l’expression de tout le bien que notre pays réaffirme d’avoir adhéré dès 1990 à l’OIBT pour appartenir à ce cadre international de coopération, d’action multilatérale et de gestion durable des forêts. Nous mesurons tous l’importance de l’événement qui nous réunit aujourd’hui

Nous mesurons tous l’importance de l’événement qui nous réunit aujourd’hui. Il m’est donc agréable de saisir l’heureuse opportunité que m’offre cette tribune pour exprimer notre profonde gratitude au Président du Conseil International des Bois Tropicaux Monsieur John James LEIGH et au Directeur Exécutif de l’Organisation International des Bois Tropicaux Dr Gerhard DIETERLE pour le choix porté sur le Togo. Nos remerciements vont également à tous les pays membres de l’OIBT qui ont adhéré à ce choix ainsi qu’à tous ceux qui ont œuvré à l’organisation et à la tenue effective de cette 55e session.

La disponibilité dont vous avez fait preuve et qui se traduit par votre présence massive, chers participants, ainsi que le niveau élevé des représentations à cette session traduisent bien :
• notre volonté d’agir ensemble au service d’une cause commune ;
• notre sens de responsabilité collective ; et
• l’engagement de chacun de nos Etats membres à œuvrer à la réalisation des idéaux et objectifs de notre institution en terme de gestion durable des forêts avec à la clé, le commerce respectueux de l’environnement et qui soit à la fois libre, traçable, durable et rentable des produits ligneux sur le marché international.

Comme vous le savez, l’OIBT est une organisation qui œuvre à la conservation et à la gestion, à l’exploitation et au commerce durable des ressources forestières. Ceci nous impose d’allier la liberté de commerce et le respect de la règle de droit dans la sphère du commerce mondial, le développement économique et l’urgence de nous réconcilier avec la nature.

Mesdames et Messieurs,
À l’ère des changements climatiques et de leurs effets induits en termes de défis à l’échelle locale, nationale, régionale et mondiale, la mission de l’OIBT doit être comprise comme un engagement ferme en faveur de la soutenabilité quand on sait que notre organisation travaille en dehors du commerce mondial des bois tropicaux, sur la bonne gouvernance en matière de gestion des ressources forestières, de la préservation de la biodiversité et de la restauration des paysages forestiers. A cela s’ajoutent les efforts entrepris dans la lutte contre les changements climatiques et le renforcement des capacités la résilience de nos Etats.

Tous les indicateurs montrent que nos modes de vie et de consommation opposent un rythme insoutenable aux écosystèmes forestiers et par conséquent contribuent au réchauffement de notre planète. Face aux grands enjeux contemporains de développement nous devons inverser la tendance en promouvant des politiques cohérentes de gestion durable et de conservation des forêts. A l’évidence, les ressources forestières ne sont pas inépuisables, au contraire elles se dégradent à une cadence effrénée.

Si l’ouverture ce jour 02 décembre à Lomé de la 55ème session ordinaire du Conseil International des Bois Tropicaux coïncide avec celle de la 25ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid en Espagne c’est dire que notre planète est en péril et nous devons, dans une démarche collégiale, agir avec méthode, responsabilité et détermination.

Chers participants,
Quand on sait d’une part que, les pays membres de l’OIBT rassemblent plus de 80% des forêts tropicales au monde et représentent environ 90% du commerce international des bois tropicaux et d’autre part que, la 55ème session de Lomé se tient à un moment crucial de notre histoire existentielle marquée par les pires catastrophes liées aux perturbations climatiques, vous aurez à examiner :
• les différents rapports,
• évaluer la mise en œuvre des programmes thématiques de l’OIBT en l’occurrence sur les innovations et les bonnes pratiques, et
• accorder les violons sur les nouvelles possibilités d’amélioration de l’infrastructure de financement et des stratégies de levée de fonds.

Vos délibérations permettront à notre institution d’accroître sa capacité opérationnelle et d’élargir ses possibilités de financement en faveur des pays membres.

En effet, nos pays attendent de l’OIBT plus d’appuis institutionnels, d’instruments stratégiques mais aussi de ressources financières pour une gestion efficiente des forêts, en vue de favoriser une protection durable de notre planète. Bien heureusement, l’organisation fait déjà d’énormes efforts dans le financement des projets forestiers. L’OIBT est pour chacun de nos pays membres un allié et un partenaire stratégique en matière de gestion durable des forêts et de la promotion du commerce international du bois.

Depuis son adhésion à l’OIBT, le Togo a bénéficié à ce jour d’un financement de 4 099 210 dollars US pour 19 projets dont la mise en œuvre a eu des incidences positives sur l’économie nationale et notre travail endogène de lutte contre la déforestation. Mieux, nous avons pu atténuer les effets négatifs de la déforestation sur les communautés rurales grâce aux efforts du gouvernement et de l’appui de notre organisation.

Comment se présente la situation au Togo ?

L’état sommaire du secteur forestier de notre pays qui résulte de l’inventaire national de 2016 révèle un taux de couverture forestière de 24,24% toutes strates confondues et un taux moyen de déforestation d’environ 0,42%. La tendance à la baisse de la couverture forestière nationale qui se dégage nous renforce dans la conviction que nous devons davantage œuvrer contre la déforestation et mieux restaurer nos écosystèmes forestiers.

Voyant venir la menace, et fort de l’adage universel qui dit que, je cite : « celui qui a planter un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement » fin de citation, les autorités togolaises ont institué depuis le 1er juin 1977, la Journée nationale de l’arbre. Il s’agit de l’invite faite à tous nos compatriotes de planter des arbres afin de stimuler le reboisement, lutter contre la déforestation et favoriser le développement durable. Cette pratique a permis de faire passer le taux de reboisement annuel de 1 000 hectares dans les années 1980 à 2 000 hectares en 2010. Pour soutenir cette politique et donner plus de viabilité à la gestion durable et à la protection des forêts, le Togo s’est doté d’une loi, la loi n° 2008-009 du 19 juin portant Code forestier qui est toujours en vigueur.

A ce jour, et dans une synergie d’actions, pouvoirs publics, secteur privé, collectivités locales, nous avons délimité et sécurisé 485 583 ha d’aires protégées. Dans la même optique, nous nous sommes engagés à restaurer 1 400 000 ha de paysages forestiers à l’horizon 2030 comme cible nationale de l’initiative africaine consistant à restaurer 100 000 000 ha de paysages forestiers d’ici à 2030. Par ailleurs, la volonté manifeste du Togo s’est traduite par l’adoption de la loi n° 2018-005 du 14 juin 2018 portant Code foncier et domanial qui a, entre autres, objectifs de sécuriser le foncier et susciter ainsi des plantations privées comme c’est le cas de la teckeraie.

Monsieur le Président du CIBT,
Mesdames et messieurs,

L’industrie de transformation du bois est un secteur porteur et je voudrais saluer, à sa juste valeur, les politiques de l’OIBT en faveur de la transformation du bois dans les zones de prélèvement. La transformation endogène du bois dans les zones de production amplifiera certainement leurs potentiels économiques et leur permettra de redonner espoir à des populations vulnérables qui ont des attentes légitimes liées à l’emploi et à l’accès aux services sociaux de base.

Pour toutes ces raisons, le Togo s’est doté d’un nouveau référentiel de développement et de transformation structurelle de l’économie nationale. Il s’agit de l’adoption du Plan national de développement (PND) sur la période quinquennale de 2018-2022. Ce plan structuré en trois principaux axes stratégiques s’inscrit clairement dans la Vision 2020 de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable et dans l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. A travers le PND, le Togo attend transformer structurellement son économie, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents.

D’ici à 2022, notre déclaration nationale de politique forestière, qui est en grande partie une appropriation togolaise des conventions internationales dans le registre de la protection de l’environnement, et le PND constituent le cadre de planification de notre gouvernance forestière. La gestion durable des forêts nationales et les biens et services qu’elles offrent nous permettra de relever sensiblement la contribution du secteur forestier à notre PIB, cette contribution n’est actuellement que de l’ordre 2,8%.

Le Togo entend renforcer les conditions favorables à la protection et à la préservation des forêts et à la promotion de « l’économie verte ». Dans cette dynamique, notre pays sait qu’il peut compter sur l’appui des partenaires afin qu’une attention soutenue soit accordée aux questions aussi importantes que la certification des forêts, la préservation de la biodiversité, le respect du droit dans le commerce du bois, le payement des services environnementaux et surtout la « foresterie communautaire ».

Le manque de certification de l’origine des bois et le non-respect de la légalité dans le commerce mondial du bois induisent un manque à gagner aujourd’hui inacceptable pour nos économies. Nous devons agir et vite dans ce sens.

Le souci d’agir et d’aller vite doit déterminer notre organisation à accélérer le financement des projets approuvés mais toujours en attente de financement. Je voudrais inviter le présent Conseil à explorer toutes les pistes potentielles de financement afin que l’essentiel des projets approuvés puissent effectivement bénéficier d’une mobilisation de ressources financières pour leur mise en œuvre effective.

Monsieur le Président du CIBT,
Mesdames et messieurs,

La tenue de cette 55ème session du CIBT permet de renforcer davantage le partenariat entre l’OIBT organisation forestière leader dans le monde et les autres institutions affiliées. C’est pourquoi, la Togo espère qu’au cours de la présente session, ses trois projets et un avant-projet d’un montant total d’un million neuf cent vingt six mille trois cent dix-huit (1.926.318) dollars US en attente de financement l’attention du CIBT.

Les résultats attendus de ces projets contribueront à l’atteinte de l’objectif du Plan National de Développement (PND) relatif à la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes.

Je nourris l’espoir que la 55ème session ordinaire du Conseil International des Bois Tropicaux de Lomé connaitra un succès. L’importance des défis nous engage à travailler ensemble et dans l’intérêt de tous. Il s’agira d’aplanir les éventuelles divergences, d’être imaginatifs et innovants aux fins d’aboutir à des résolutions qui aideront notre organisation et les Etats membres à réaliser leurs devoirs en matière de la gouvernance forestière.

Dans cette optique, la présente session qui regroupe à la fois les pays producteurs et pays consommateurs doit d’explorer toutes les pistes susceptibles de contribuer à des solutions idoines et durables pour le commerce durable des bois tropicaux.

C’est sur cette note de plein espoir qu’au nom du Président de la République, je déclare ouverts, les travaux de la 55ème session ordinaire du Conseil International des Bois Tropicaux.

Vive le Conseil International des Bois Tropicaux ;
Vive la Coopération internationale ;

Je vous remercie.